Céline BERCION - Dr en Sociologie et Psychologie sociale
Psychothérapie systémique

Thérapie de couple - Sexothérapie 
Initiatrice des grandes traversées de vie

Psychothérapie, thérapie de couple, sexothérapie et éveil de conscience

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Céline BERCION - Dr en Sociologie et Psychologie sociale
Psychothérapie systémique

Thérapie de couple - Sexothérapie 
Initiatrice des grandes traversées de vie

Pénis de chair, pénis de sang : ce que dit vraiment la science (et pourquoi cette distinction est trompeuse)


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Pénis de chair, pénis de sang : pourquoi la science a cessé de raisonner ainsi

Si vous lisez ces lignes, ce n’est probablement pas par simple curiosité. C’est peut-être parce qu’à un moment, vous vous êtes demandé si ce que vous observez était normal.

Petit au repos, ou encore très différent en érection. Ou au contraire, peu de changement.

Les expressions pénis de chair et pénis de sang donnent l’impression qu’il existerait des catégories claires pour expliquer cela. Mais en réalité, elles n’ont aucune valeur médicale. Elles décrivent vaguement une différence d’apparence entre le pénis au repos et le pénis en érection. Elles ne disent rien de fiable sur la sexualité, le désir, la capacité à donner du plaisir ou la qualité du lien.

Les données scientifiques sont simples :

  • la taille du pénis au repos ne permet pas de prédire la taille en érection,
  • la variation entre repos et érection est fréquente, normale,
  • continuer à raisonner à partir de ces catégories crée surtout de l’inquiétude.

Si cette distinction circule encore, ce n’est pas parce qu’elle est pertinente. C’est avant tout parce qu’elle touche à quelque chose de sensible : la peur de ne pas être à la hauteur. Et dans le couple, ce mythe alimente des malentendus, du stress, parfois une mise à distance de l’intimité. Le pénis devient alors le support visible d’une tension qui dépasse largement la question anatomique.

Dans cet article, il ne s’agit pas de vous proposer une nouvelle étiquette. Bien au contraire : il s’agit de retirer une grille de lecture qui n’aide plus et de remettre de la précision là où il y a trop de raccourcis.

PARTIE 1 - D’où viennent les termes "pénis de chair" et "pénis de sang"… et pourquoi ils posent problème aujourd’hui

À l’origine, les expressions pénis de chair et pénis de sang ne cherchaient pas à expliquer la sexualité masculine. Elles cherchaient simplement à décrire ce qui se voit. D’un côté, des pénis déjà volumineux au repos, qui varient peu en érection. De l’autre, des pénis plus petits ou rétractés au repos, qui augmentent fortement lors de l’excitation. Rien de pathologique et encore moins quelque chose de hiérarchique. Juste le constat d'une différence d’apparence.

Comme l’a rappelé Claude Crépault, ces termes ont toujours été des observations empiriques, jamais des catégories cliniques. Ils n’ont jamais été conçus pour prédire la qualité de l’érection, le désir, ni la satisfaction sexuelle. Le problème est venu plus tard.

Progressivement, cette description anodine a glissé vers une lecture identitaire. On a commencé à attribuer à ces mots des significations qu’ils n’avaient pas :

  • plus de chair = plus de virilité,
  • plus de variation = fragilité,
  • apparence au repos = indice de performance.

Autrement dit, on est passé d’une observation morphologique à une évaluation de soi. Et c’est là que la confusion a commencé à produire de la souffrance. En effet, aucune étude sérieuse n’a montré que la taille du pénis au repos permettait d’anticiper la taille en érection, ni, a fortiori, la qualité de la sexualité. Au contraire, les données morphométriques sont constantes :

  • la variation entre repos et érection est fréquente,
  • elle est physiologique,
  • et les tailles en érection sont statistiquement comparables, quels que soient les profils.

Autrement dit, continuer à utiliser ces termes comme s’ils avaient une valeur explicative revient donc à s’appuyer sur un mauvais indicateur.

Et dans la pratique, cette grille de lecture a un coût. Elle fige le corps, nourrit la comparaison et déplace l’attention vers le pénis au lieu de regarder ce qui se joue réellement : le stress, le contexte, le lien. Des hommes en bonne santé sexuelle commencent alors à douter, non pas parce que leur corps dysfonctionne, mais parce qu’ils ont appris à mal interpréter ce qu’ils observent.

C’est précisément pour cette raison que la littérature scientifique contemporaine a cessé de raisonner en "types" de pénis. Dans cet article, je vous propose d'actualiser vos connaissances sur ce sujet si sensible. 

PARTIE 2 - Pénis de chair / pénis de sang : ce que montre réellement la littérature scientifique

Lorsqu’on quitte les catégories populaires pour regarder ce que disent réellement les études, une chose apparaît très vite : la science ne confirme ni des "types" de pénis, ni une lecture fondée sur l’apparence du pénis au repos. 

Ce que les études mesurent vraiment

Les travaux contemporains en urologie et en sexologie reposent sur des mesures standardisées : longueur et circonférence du pénis au repos, puis en érection, dans des conditions contrôlées. Leur objectif n’est pas de classer les hommes, mais de décrire des distributions statistiques.

Depuis des décennies, le résultat est constant d’une étude à l’autre : la taille du pénis au repos est un très mauvais prédicteur de la taille en érection. Autrement dit, ce que vous observez flaccide ne permet pas d’anticiper ce que sera votre pénis en situation d’excitation.

C’est précisément ce point qui rend la distinction pénis de chair / pénis de sang scientifiquement fragile : elle se fonde sur un indicateur trompeur, alors même que la littérature scientifique invite à l’abandonner. Le sexologue Claude Crépault l’a rappelé à plusieurs reprises : ces catégories n’ont aucune valeur clinique et n’ont jamais été conçues pour informer sur la qualité de la réponse sexuelle.

La variation flaccide → érection : une donnée normale, pas un signal d’alarme

Les études morphométriques montrent une variabilité importante entre le pénis au repos et le pénis en érection. Chez un nombre significatif d’hommes, cette variation dépasse 4 à 5 centimètres, sans que cela n’ait la moindre valeur pathologique.

C’est ici un point central, car il vient contredire une croyance très répandue : "s’il change beaucoup, c’est qu’il y a un problème". Pas du tout, c’est simplement une modalité physiologique courante.

À l’échelle des populations, les données montrent que les tailles en érection sont statistiquement comparables, quels que soient les profils observés au repos. Il n’existe pas de "bons" et de "mauvais" types de pénis. Il existe des corps différents, un point c'est tout. Le médecin sexologue Sylvain Mimoun insiste d’ailleurs sur ce point : confondre morphologie et performance sexuelle est l’une des erreurs les plus fréquentes en consultation, et l’une des plus anxiogènes.

Ce que la science a clairement cessé de faire

Pour cette raison, la littérature scientifique récente ne raisonne plus en typologies fixes. Elle a abandonné les catégories du type chair / sang parce qu’elles n’apportent aucune information utile pour comprendre :

  • le désir,

  • la qualité de l’érection,

  • la satisfaction sexuelle,

  • ou les difficultés rencontrées dans la vie intime.

Le psychiatre et sexologue Philippe Brenot a montré combien ces lectures morphologiques s’inscrivent dans une construction culturelle de la virilité, où le corps est sommé de prouver une valeur, plutôt que d’être compris dans son fonctionnement réel.

La sexologie contemporaine s’intéresse donc moins à la forme qu’au processus : comment l’excitation se déclenche, comment elle se maintient et surtout dans quelles conditions elle se bloque.

Un point décisif : la majorité des difficultés érectiles ne sont pas organiques

Un autre résultat traverse l’ensemble de la littérature clinique : avant 50 ans, la majorité des troubles de l’érection sont d’origine psychogène ou mixte et non strictement organique. Cela signifie que, dans la plupart des situations, :

  • le pénis est sain,

  • la vascularisation est suffisante,

  • les tissus fonctionnent,

mais c'est le contexte qui empêche la réponse sexuelle de s’exprimer pleinement.


En consultation, ce décalage est frappant : des hommes en bonne santé sexuelle cherchent une explication anatomique à ce qui relève en réalité du stress, de l’auto-surveillance ou de la pression relationnelle. Comme le souligne le psychologue clinicien Pascal Hachet, plus un homme observe son corps comme un objet à évaluer, moins il est disponible à l’excitation.

Le véritable déplacement opéré par la science

Ce que la recherche contemporaine a opéré, discrètement mais fermement, c’est un déplacement de la focale :

  • du visible vers le fonctionnel,

  • du corps isolé vers le corps en situation,

  • de la morphologie vers la régulation émotionnelle et relationnelle.

Ce déplacement est fondamental. Il permet de sortir d’une logique de jugement (suis-je normal ? suis-je assez ? , etc.) pour entrer dans une logique de compréhension.

Et c’est précisément ce que la distinction pénis de chair / pénis de sang empêche encore de faire : elle attire l’attention sur ce qui se voit, au lieu de regarder ce qui se joue réellement.

Dans la partie suivante, nous allons donc nous pencher sur cette question centrale : pourquoi la réponse sexuelle masculine est profondément plastique et pourquoi elle dépend bien davantage du stress, du système nerveux et du lien que d’une prétendue "nature" du pénis.

PARTIE 3 - Plasticité sexuelle masculine : pourquoi aucun pénis n’est figé (et pourquoi croire l’inverse fait des dégâts)

Penser qu’un pénis aurait une "nature" stable (de chair, de sang, peu importe le terme) est aujourd’hui une erreur clinique majeure. La littérature contemporaine est claire : la réponse sexuelle masculine est plastique, contextuelle et dépend avant tout de la régulation (nerveuse, émotionnelle, relationnelle). Continuer à raisonner en types figés empêche de poser les bonnes questions… et retarde des prises en charge efficaces.

Le corps sexuel fonctionne par régulation, pas par performance

L’érection n’est pas un ordre donné au corps. C’est un phénomène neurovasculaire finement orchestré par le système nerveux autonome.

  • Le parasympathique (sécurité, détente) facilite l’érection.

  • Le sympathique (stress, vigilance, pression) l’inhibe.

Dès que la situation devient évaluative ("est-ce que ça va tenir ?" "est-ce que je suis assez ?", etc.), le corps bascule vers la vigilance. C'est ainsi que la réponse sexuelle change, jusqu'à parfois s’interrompre. Ce n’est pas un défaut : c’est une régulation.

Pourquoi le stress change tout (et c'est pas "dans la tête")

Avant 50 ans, la majorité des difficultés érectiles sont d’origine psychogène ou mixte. Les tissus sont sains, la vascularisation est suffisante, mais le contexte empêche l’installation de l’excitation. Chercher une cause morphologique dans ces situations, c’est regarder au mauvais endroit.

Le clinicien Pascal Hachet l’observe en pratique : plus un homme se surveille, plus il se coupe de ses sensations. Et à force de vérifier, certains ne font plus l’expérience du désir, seulement celle du contrôle.


La variabilité n’est pas un défaut : c’est un indicateur

Un pénis qui varie beaucoup entre repos et érection n’est pas "instable". Il est réactif. Il répond à la fatigue, à la charge mentale, au climat émotionnel, au sentiment de sécurité. C’est précisément pour cela que la science parle aujourd’hui de fonctionnement contextuel.

Et cette plasticité explique aussi une réalité clinique simple : un même homme peut connaître des phases très différentes au cours de sa vie, sans que son corps "change de nature".


Le couple : là où la régulation se joue vraiment

La réponse sexuelle masculine ne se joue pas dans un corps isolé. Elle se joue dans une relation. Les travaux sur l’attachement montrent que le sentiment de sécurité affective conditionne directement la disponibilité corporelle. Quand le lien est perçu comme sûr, le corps s’ouvre ; quand il est vécu comme évaluatif ou incertain, il se protège.

Les cliniciennes de l’attachement Nicole Guédeney et Gwenaëlle Persiaux décrivent ces boucles de co-régulation :

  • une variation de l’érection est surinterprétée (il est fréquent que la partenaire pense : "il ne me désire plus"),

  • la partenaire se sent moins désirable,

  • la tension augmente,

  • la réponse sexuelle se freine davantage.

Le symptôme n’est alors ni dans le pénis, ni dans la volonté : il est dans le climat relationnel.

Le coût psychique de la croyance inverse

Croire à un pénis "de nature" stable a un coût élevé :

  • fatigue psychique (auto-surveillance permanente),

  • perte de spontanéité,

  • honte quand la réponse varie,

  • déconnexion du plaisir au profit de la vérification.

À terme, la sexualité devient une épreuve. Le corps devient un juge impitoyable. Or, c’est exactement l’inverse de ce qui favorise l’excitation.

Les passages de vie : ce que les typologies ne voient pas

Le corps sexuel ne traverse pas une vie linéaire. Il traverse des passages : parentalité, burn-out, deuil, changements hormonaux, crises existentielles. Dans ces moments, la réponse sexuelle se réorganise. Elle demande plus de sécurité, moins d’évaluation, et souvent un autre rythme. Les typologies chair/sang ne voient rien de cela. Elles figent, là où le vivant demande de l’ajustement.

Sortir de l’erreur de diagnostic

La bonne question n’est pas : "quel type de pénis ai-je ?",  mais plutôt :

  • dans quel état de sécurité suis-je ?

  • qu’est-ce que mon corps essaie de réguler ?

  • qu’est-ce qui, dans le lien, favorise ou freine l’excitation ?

Comme le rappelle le sexologue Philippe Brenot, la sexualité masculine souffre aujourd’hui moins d’un manque de capacité que d’un excès d’évaluation.

Ce que change cette compréhension (concrètement)

Comprendre la plasticité sexuelle masculine permet de :

  • sortir de la honte,

  • défiger l’identité corporelle,

  • déplacer l’attention du pénis vers le contexte,

  • rouvrir le dialogue dans le couple.

Le corps cesse d’être un verdict. Il redevient un indicateur vivant.

PARTIE 4 — Érection, désir, érotisme et sexualité : quatre registres distincts (et pourquoi leur confusion abîme l’intimité)

Si la sexualité masculine souffre autant aujourd’hui, c’est surtout d’une confusion massive entre quatre registres différents : érection, désir, érotisme et sexualité.
Cette confusion est au cœur de l’anxiété de performance, des malentendus de couple et des consultations tardives.

Érection ≠ désir : un fait clinique largement documenté

L’érection est une réponse physiologique neurovasculaire. Le désir est une dynamique psychique et relationnelle. On peut donc très bien :

  • éprouver du désir sans érection complète,

  • avoir une érection sans désir subjectif,

  • voir l’un varier indépendamment de l’autre sous l’effet du stress, de la fatigue, de la pression évaluative.


La littérature clinique est constante : l’érection est un mauvais indicateur du désir. Le rappeler ici est essentiel, car l’équation implicite "pas d’érection = pas de désir" demeure encore culturellement très dominante alors qu’elle est fausse. Le médecin sexologue Sylvain Mimoun le rappelle très fréquemment à qui veut bien l'entendre : prendre l’érection pour un baromètre du désir conduit à des diagnostics erronés et à une anxiété inutile.

Désir ≠ sexualité : sortir de la réduction génitale

Le désir n’épuise pas la sexualité. La sexualité est une expérience relationnelle, corporelle et émotionnelle, qui ne se réduit ni à la rigidité, ni à la pénétration. Les données de satisfaction sexuelle convergent : la qualité de présence, la communication et la sécurité affective pèsent bien davantage que la performance génitale.

Le sexothérapeute Alain Héril rappelle que lorsque la sexualité devient une preuve à fournir, elle cesse d’être un espace de rencontre. À l’inverse, quand la pression baisse, le plaisir retrouve une marge de créativité, avec ou sans érection constante.

Autrement dit : une érection absente ne veut pas dire absence de sexualité. La sexualité dépasse largement la réponse génitale.

Et l’érotisme dans tout ça ? Le grand absent des discours sur l’érection

L’érotisme n’est ni le désir ni l’érection.
C’est l’espace intermédiaire où le désir se met en scène : jeu, imagination, attente, altérité, déplacement du regard. L’érotisme permet au désir de circuler sans obligation de résultat.

Quand l’érotisme est vivant, l’érection n’a rien à prouver. Quand l’érotisme s’appauvrit (routine, pression, peur de décevoir), l’érection est sommée de tout porter : désir, virilité, valeur personnelle, solidité du couple. C’est là que la sexualité bascule en performance.

Cliniquement, beaucoup d’hommes consultent pour une "difficulté érectile" alors que le cœur du problème est ailleurs : l’espace érotique s’est refermé. Le corps ne peut plus jouer ; il doit répondre. Et c'est précisément cette exigence qui inhibe ce qu’elle cherche à obtenir. Un comble ! 

Quand l’érection devient un verdict identitaire

Le glissement délétère se produit lorsque l’érection cesse d’être un phénomène corporel pour devenir un jugement de valeur. Beaucoup d’hommes ne vivent alors plus la sexualité : ils la surveillent.

  • Est-ce que ça va venir ?

  • Est-ce que ça va tenir ?

  • Qu’est-ce qu’elle va penser ?

Cette auto-surveillance a un effet mesurable : elle inhibe l’excitation. Le psychologue clinicien Pascal Hachet observe que plus l’attention se fixe sur la réponse érectile, moins l’homme est disponible à ses sensations. À force de vérifier, certains n’éprouvent plus le désir, seulement le contrôle.

Donnée clinique clé : l’anxiété de performance figure parmi les premiers motifs de consultation en sexualité masculine, souvent plus handicapante que le symptôme initial.

Le couple : co-régulation, malentendus et spirales d’insécurité

Cette confusion n’affecte pas qu’un individu ; elle désorganise le couple. Et d'ailleurs, une variation de l’érection est assez rapidement surinterprétée selon les stéréotypes suivants :

  • côté homme : peur de décevoir, retrait, évitement ;

  • côté partenaire : sentiment de ne plus être désirable, interprétation affective (avec le fameux : "il ne me désire plus ").

A ce sujet, les travaux sur l’attachement de Nicole Guédeney et Gwenaëlle Persiaux montrent que l’insécurité relationnelle amplifie les symptômes corporels. La tension émotionnelle augmente la vigilance, qui freine l’excitation, ce qui confirme la croyance initiale comme une boucle auto-entretenue.

L’érotisme joue ici un rôle protecteur : il permet de tenir ensemble sécurité et altérité. Sans lui, l’érection devient le dernier indicateur visible de la vitalité sexuelle et se retrouve surchargée symboliquement.

Ce que disent les données sur la satisfaction sexuelle

Un autre point mérite d’être martelé : la satisfaction sexuelle n’est pas corrélée à la taille du pénis ni à une érection constamment rigide. Elle est corrélée à :

  • la qualité de présence,

  • la communication,

  • le sentiment de sécurité,

  • l’ajustement mutuel.

Ces résultats, établis dès Masters & Johnson dans les années 60 et confirmés par la littérature contemporaine, invalident la réduction de la sexualité à la performance génitale. La focalisation sur la preuve corporelle est l’un des facteurs les plus délétères pour la satisfaction à long terme.

Sortir de la confusion : le tournant thérapeutique

Distinguer clairement érection, désir, érotisme et sexualité change la trajectoire :

  • l’érection cesse d’être un test,

  • le désir peut circuler sans pression,

  • l’érotisme retrouve sa place de jeu et d’altérité,

  • la sexualité redevient un espace vivant, ajustable, co-régulé.

Cliniquement, c’est souvent le tournant : quand l’homme cesse de prouver et que le couple cesse d’interpréter, le corps retrouve alors une sacrée marge de liberté...

En pratique, ce que cette distinction permet

Concrètement, elle permet de :

  • réduire l’anxiété de performance,

  • désamorcer les malentendus conjugaux,

  • réhabiliter le plaisir au-delà de la pénétration,

  • restaurer le dialogue et la sécurité,

  • redonner de l’espace à l’érotisme.

L’érection n’est alors plus le centre de la sexualité. Elle redevient une composante possible, parmi d’autres, d’une intimité consciente et vivante.

FAQ - Pénis de chair, pénis de sang : les vraies questions (et ce qu’elles disent vraiment)

Qu’est-ce qu’un pénis de chair et un pénis de sang ?

Ce sont des termes populaires, pas médicaux. Ils décrivent simplement une différence d’apparence entre le pénis au repos et le pénis en érection. Ils ne correspondent à aucune classification scientifique et ne permettent aucune conclusion fiable sur la sexualité, le désir ou la “performance”.

Si vous vous posez cette question, ce n’est généralement pas par curiosité anatomique, mais parce qu’un doute s’est installé.

La taille du pénis au repos prédit-elle la taille en érection ?

Non. C’est même l’un des plus mauvais indicateurs possibles. Beaucoup d’hommes "petits" au repos ont une taille en érection comparable à la moyenne. Inversement, un pénis volumineux au repos ne garantit rien en situation sexuelle.

Se fier à l’apparence au repos entretient surtout l’auto-surveillance et l’anxiété.

Est-ce normal qu’un pénis change beaucoup entre le repos et l’érection ?

Oui. Et c’est fréquent. Une variation de 4 à 5 cm ou plus est considérée comme physiologique. Chercher à savoir si c’est "trop" ou "pas assez" revient souvent à poser la mauvaise question : le corps varie parce qu’il est vivant et contextuel.

Un "pénis de sang" est-il plus fragile ou moins fiable ?

Non. Il n’existe aucune donnée scientifique montrant qu’un pénis qui varie beaucoup serait plus fragile, moins endurant ou moins satisfaisant. Ce qui varie le plus, ce n’est pas le pénis : c’est le contexte émotionnel et relationnel.

Peut-on avoir du désir sans érection ?

Oui, très souvent. Le désir est une dynamique psychique et relationnelle. L’érection est une réponse physiologique. Confondre les deux est l’une des principales sources d’anxiété sexuelle masculine.

Si vous vous posez cette question, il est probable que vous soyez déjà entré dans une logique de preuve, pas de désir.

Une érection absente ou variable signifie-t-elle un manque de désir ou d’amour ?

Non. Dans la majorité des cas, elle reflète :

  • du stress,

  • une pression évaluative,

  • une auto-surveillance,

  • ou une insécurité relationnelle.

L’érection est un mauvais indicateur de l’amour et du désir.

Pourquoi je bande moins avec ma compagne qu’avant ?

Parce que le corps sexuel est sensible au climat relationnel. La routine, la peur de décevoir, les non-dits, la pression conjugale ou la perte d’érotisme peuvent inhiber l’excitation, même quand le désir est toujours là.

Ce n’est pas forcément un désamour. C’est souvent un signal relationnel.

Pourquoi je perds mon érection pendant l’acte ? 

Dans la grande majorité des cas, cela ne relève pas d’un problème organique, mais d’une rupture de sécurité :

  • pensée intrusive,

  • peur d’échouer,

  • focalisation sur la performance.

Plus vous vous observez, plus le corps se ferme.

Pourquoi j’ai des érections avec certaines pensées mais pas dans la relation ? 

Parce que l’érotisme ne circule pas de la même manière. Les fantasmes ou pensées permettent parfois :

  • plus de liberté,

  • moins d’enjeu,

  • moins de regard évaluatif.

Ce n’est pas un problème de désir, mais souvent un érotisme contraint dans le couple.

Est-ce vraiment un problème d’érection… ou un problème d’érotisme ? 

Très souvent, le problème n’est pas l’érection, mais l’appauvrissement de l’érotisme. Quand l’érotisme disparaît (pression, routine, peur), l’érection est sommée de tout porter : désir, virilité, valeur personnelle.

Restaurer l’érotisme relâche souvent la pression sur le corps.

Pourquoi ce sujet crée-t-il autant de malentendus dans le couple ?

Parce que chacun interprète en silence :

  • "Il ne me désire plus"

  • "Je ne suis plus désirable"

Les mythes sexuels n’abîment pas seulement le corps : ils coupent la parole.

Et du côté de la partenaire, que se joue-t-il ? 

Souvent, une blessure de désirabilité. La variation de l’érection est vécue comme un désaveu, alors qu’elle ne dit rien de la valeur ou de l’attirance.

Sans parole, chacun souffre de son côté.

Quand consulter pour ce type de difficulté ?

Il est préférable de consulater quand :

  • l’anxiété de performance s’installe,

  • l’évitement de l’intimité augmente,

  • le doute devient envahissant,

  • ou que le couple n’ose plus en parler.

Consulter n’est pas "avoir un problème" ;  C’est changer de regard sur ce qui se joue.

En quoi la sexothérapie peut-elle aider concrètement ?

La sexothérapie ne cherche pas à "faire fonctionner" le corps. Elle aide avant tout à :

  • restaurer la sécurité émotionnelle,

  • sortir de la logique de performance,

  • relancer l’érotisme,

  • remettre de la parole là où le silence s’est installé.

Je propose des séances individuelles (45 min) et des séances de couple (1 h) : https://www.neosoi.fr/

L’amour et le couple sont des chemins d’éveil. Parfois, le premier pas consiste simplement à cesser de croire que le problème se trouve dans le pénis.

Conclusion - Ce n’est pas l’érection qui pose problème, c’est ce qu’on lui fait porter

Si la distinction pénis de chair / pénis de sang persiste, ce n’est pas parce qu’elle éclaire la sexualité masculine. C’est parce qu’elle simplifie à l’excès ce qui est vivant, variable, contextuel et qu’elle évite de regarder là où ça fait vraiment mal.

Cet article l’a bien montré : la souffrance ne vient pas d’un "type" de pénis, mais d’une confusion des registres. Quand l’érection devient la preuve du désir, quand le désir devient la preuve de l’amour, et quand la sexualité devient un examen à réussir, le corps se ferme. Non par défaillance, mais par protection.

Il faut le dire clairement et j'insiste : ce mythe isole. Il enferme les hommes dans le silence parce qu’ils ont appris qu’un homme "ne doute pas". Il enferme les couples dans des interprétations solitaires parce que la parole manque là où la pression augmente.

Les mythes sexuels ne blessent pas seulement le corps ; ils coupent la parole.


Ce qui manque le plus aujourd’hui dans de nombreux couples que je reçois en consultation, ce n’est ni la capacité sexuelle, ni la performance, ni même le désir. Ce qui manque, c’est l’érotisme. L’érotisme comme espace de jeu, d’altérité, d’attente et d’imprévu. Sans lui, l’érection est sommée de tout porter : la virilité, la valeur personnelle, la solidité du couple. Et aucun corps ne peut tenir longtemps sous ce poids-là. 

La science contemporaine est pourtant claire à ce sujet :

  • la variabilité est normale,

  • la réponse sexuelle est plastique,

  • la sexualité est d’abord relationnelle et contextuelle.

La sexualité ne traverse pas une vie linéaire ; elle traverse des passages. S’en libérer durablement ne consiste pas à apprendre une nouvelle technique ni à entrer dans une nouvelle catégorie. Cela suppose un changement radical de regard : cesser d’évaluer le corps, distinguer clairement érection, désir, érotisme et sexualité afin de redonner au lien (et à l’érotisme) la place centrale qu’ils n’auraient jamais dû perdre.


La sexualité ne se répare pas. Elle se réhabite.
Quand la pression tombe, quand l’érotisme retrouve de l’air, le corps cesse de se défendre. L’intimité redevient vivante, ajustable, imparfaite et donc profondément humaine.
 

Quand la honte, l’anxiété de performance ou les malentendus se sont installés, l’accompagnement thérapeutique ne vise pas à "faire fonctionner" le corps, mais à restaurer la sécurité, le sens et le jeu. Pour ce faire, je vous accompagne en : 

  • Séances individuelles (45 min) : image corporelle, régulation émotionnelle, rapport au désir.

  • Séances de couple (1 h) : sortir des interprétations silencieuses, relancer l’érotisme, réhabiter l’intimité.

    Renseignements : https://www.neosoi.fr/


L’amour et le couple sont des chemins d’éveil. Parfois, le premier pas consiste simplement à cesser de croire que le problème se trouve dans le pénis...

Bibliographie

  • Bancroft, John. 2009. Human Sexuality and Its Problems. 3rd ed. Edinburgh : Churchill Livingstone Elsevier.
  • Brenot, Philippe. 2016. La sexologie. Paris : Que sais-je ? Presses Universitaires de France.
  • Guédeney, Nicole. 2014. L’attachement. Paris : Presses Universitaires de France.
  • Hachet, Pascal. 2015. Ces adolescents en souffrance. Paris : In Press. (Travaux cliniques mobilisés sur honte, sexualité et inhibition psychique.)
  • Héril, Alain. 2011. Femmes désirées, femmes désirantes. Paris : Albin Michel.
  • Héril, Alain. 2019. Les hommes et l’amour. Paris : Albin Michel.
  • Masters, William H., and Virginia E. Johnson. 1966. Human Sexual Response. Boston : Little, Brown and Company.
  • Mimoun, Sylvain. 2018. Le couple mode d’emploi. Paris : Leduc.S Éditions.
  • Perel, Esther. 2006. Mating in Captivity : Unlocking Erotic Intelligence. New York: HarperCollins.
  • Persiaux, Gwenaëlle. 2021. Guérir des blessures d’attachement. Paris : Eyrolles.
  • Porges, Stephen W. 2011. The Polyvagal Theory: Neurophysiological Foundations of Emotions, Attachment, Communication, and Self-Regulation. New York : W.W. Norton & Company.

NeoSoi - Dr Céline BERCION - psychologue sociale et systémique, thérapie de couple et sexothérapie - Bordeaux et visio

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