Le clitoris à la péri-ménopause et à la ménopause : comprendre ses transformations et retrouver le plaisir
Quand le clitoris change : comprendre sans dramatiser, accompagner sans normer
À la péri-ménopause, puis à la ménopause, de nombreuses femmes observent des transformations de leur vie intime : excitation plus lente, sensibilité clitoridienne différente, plaisir moins accessible ou vécu autrement. En consultation, certaines formulent des phrases très concrètes : "mon corps répond moins", "j’ai l’impression que mon clitoris est plus loin", "j'ai moins de sensations".
Une question émerge alors, rarement abordée publiquement : que se passe-t-il au niveau du clitoris lorsque les hormones fluctuent puis déclinent ?
Il est essentiel de poser d’emblée un cadre clair et rassurant. Le clitoris ne disparaît pas à la péri-ménopause ni à la ménopause. Il n’existe pas de consensus scientifique établissant une réduction visible et mesurable de sa taille chez toutes les femmes. En revanche, les données disponibles convergent vers des transformations fonctionnelles : modification de la vascularisation, de la trophicité tissulaire, de la réponse érectile et de la sensorialité. Ces évolutions sont liées aux variations hormonales (œstrogéniques mais aussi androgéniques) et concernent davantage le fonctionnement du tissu érectile féminin que sa morphologie.
Ces transformations du clitoris à la péri-ménopause et à la ménopause ne sont ni universelles, ni linéaires, ni nécessairement problématiques. Certaines femmes traversent cette période sans changement notable de leur plaisir féminin après 45 ans ; d’autres décrivent une sexualité plus libre, plus consciente, parfois plus profonde. D’autres encore vivent une phase de désajustement corporel ou sensoriel, souvent marquée par l’inquiétude ou le silence, avec parfois des répercussions dans le couple, le dialogue intime et la manière d’être touchée ou désirée. Ces processus s’inscrivent le plus souvent dans une temporalité lente, faite d’ajustements progressifs plutôt que de changements immédiats.
Si le clitoris à la ménopause demeure si peu évoqué, c’est aussi parce que le plaisir féminin a longtemps été marginalisé, en particulier lorsqu’il n’est plus associé à la reproduction. Or, le clitoris est un organe du plaisir féminin, un centre érogène innervé et majoritairement interne, intimement lié à la santé vasculaire, à l’équilibre hormonal, au bassin, au métabolisme, à l’inflammation de bas grade et à la sécurité corporelle. Le considérer isolément serait une erreur. C’est précisément ce qu’éclaire la médecine fonctionnelle : la vitalité sexuelle s’inscrit dans un terrain global, où se croisent microcirculation, hormones, énergie cellulaire, stress et qualité du sommeil. À ce titre, les discours évoquant une "disparition" ou une "réduction systématique" du clitoris relèvent davantage de la désinformation que de la science.
Cet article propose donc une lecture intégrative (biologique, fonctionnelle, psychocorporelle, relationnelle et antrhopologique). Il s’appuie sur les connaissances scientifiques actuelles (encore limitées sur le clitoris à la ménopause), sur les apports de la médecine fonctionnelle et sur l’expérience clinique. Sans dramatiser, sans promettre et, surtout, sans injonction à "retrouver le plaisir" : car retrouver le plaisir n’implique ni de revenir à "avant", ni de viser une norme, mais parfois simplement d’habiter autrement son corps. S’interroger sur ces changements ne signifie ni être fragile, ni "trop focalisée" : c’est souvent le signe d’un lien conscient au corps.
PARTIE 1 - Le clitoris à la péri-ménopause et à la ménopause : ce que la science permet de dire (et ce qu’elle ne dit pas encore)
Aborder le clitoris à la péri-ménopause et à la ménopause exige une grande rigueur. Les connaissances actuelles ne confirment ni l’idée d’une disparition du clitoris, ni celle d’un fonctionnement inchangé pour toutes les femmes. Les travaux portant sur la physiologie sexuelle féminine et sur le syndrome génito-urinaire de la ménopause décrivent avant tout des modifications fonctionnelles, variables selon les individus, dans un champ de recherche encore largement sous-documenté après l’âge reproductif.
Le clitoris rétrécit-il à la ménopause ?
À ce jour, aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer une réduction systématique et mesurable de sa taille. En revanche, des changements de fonctionnement peuvent survenir.
1.1 Le clitoris : un organe érectile, hormonodépendant et majoritairement interne
Sur le plan anatomique, le clitoris est un organe érectile féminin, constitué de tissus caverneux, richement innervé et vascularisé. La partie visible n’en représente qu’une faible portion : la majeure partie de sa structure est interne, en continuité avec les corps caverneux, les fascias pelviens et le bassin.
La physiologie sexuelle féminine décrit trois déterminants majeurs de la réponse clitoridienne :
-
une vascularisation efficace, condition de la congestion érectile ;
-
une intégrité nerveuse, support de la sensorialité ;
-
une plasticité tissulaire, dépendante de l’environnement hormonal.
Les recherches en médecine sexuelle montrent que le clitoris est sensible à la fois aux œstrogènes et aux androgènes.
-
Les œstrogènes soutiennent la trophicité des tissus génitaux, leur élasticité et la micro-circulation.
-
Les androgènes (testostérone, DHEA) participent à la réponse érectile, à la qualité de la congestion clitoridienne et à l’intensité de l’excitation.
Il est important de préciser que la baisse des androgènes n’implique en aucun cas une indication automatique de supplémentation, laquelle doit toujours être individualisée et médicalement encadrée.
1.2 Que se passe-t-il à la péri-ménopause ? Fluctuations hormonales et mécanismes fonctionnels
La péri-ménopause correspond à une phase de fluctuations hormonales, parfois plus déstabilisantes que la ménopause elle-même. Cette instabilité peut concerner à la fois les œstrogènes et les androgènes, avec des effets très variables selon les femmes.
Les données issues des travaux sur le vieillissement génital féminin décrivent notamment :
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une diminution possible de la vascularisation génitale ;
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une modification de la trophicité tissulaire (élasticité, collagène) ;
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une baisse de la capacité de congestion érectile ;
-
une modification de la réponse à la stimulation sexuelle.
Sur le plan physiologique, la réponse clitoridienne repose sur des mécanismes de vasodilatation. Parmi les médiateurs impliqués, l’oxyde nitrique (NO) joue un rôle important, sans résumer à lui seul la complexité neuro-vasculaire de l’excitation sexuelle. Ces mécanismes sont sensibles au vieillissement, à l’inflammation de bas grade, aux déséquilibres métaboliques et au stress chronique.
À retenir : il ne s’agit pas d’une altération anatomique systématique, mais d’une possible atrophie fonctionnelle, principalement interne, liée à la qualité de la réponse érectile.
1.3 Taille, fonctionnement et plaisir : sortir d’un malentendu fréquent
Une confusion fréquente consiste à assimiler :
-
taille anatomique,
-
volume fonctionnel,
-
qualité de la réponse érectile et sensorielle.
Or, du point de vue de la physiologie sexuelle, le plaisir dépend avant tout du fonctionnement, c’est-à-dire de la capacité du clitoris à se congestionner, à transmettre des sensations et à s’inscrire dans une dynamique d’excitation globale. Ainsi, des vécus tels que :
-
une excitation plus lente,
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une sensorialité différente,
-
un besoin de stimulation plus longue ou plus contextualisée,
ne traduisent pas une perte irréversible, mais une transformation des modalités de réponse.
Interpréter ces changements comme une défaillance définitive favorise l’anxiété sexuelle et le désinvestissement corporel, alors qu’il s’agit le plus souvent d’une adaptation physiologique et contextuelle.
1.4 Le clitoris dans sa dynamique corporelle : bassin, fascias et perception
Le clitoris n’est jamais isolé. Il est intégré à une dynamique pelvienne globale, en lien avec :
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les fascias,
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le tonus du plancher pelvien,
-
la respiration,
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la qualité de la circulation locale et de la perception corporelle.
À la péri-ménopause, des modifications du tonus pelvien (hypertonie ou hypotonie), de la proprioception ou du sentiment de sécurité corporelle peuvent influencer la sensorialité clitoridienne. Cela explique pourquoi certaines femmes décrivent un clitoris "plus lointain", sans qu’aucune modification anatomique ne soit objectivée.
1.5. Plaisir, inconfort et douleur : une interaction déterminante
Les changements génitaux liés à la ménopause peuvent s’accompagner d’inconforts ou de douleurs sexuelles (sécheresse, brûlures, dyspareunie). Même lorsque le clitoris n’est pas directement atteint, la douleur inhibe l’excitation et perturbe la réponse érectile, favorisant l’évitement sexuel et la diminution des sensations.
Comprendre le plaisir clitoridien sans intégrer la question de la douleur serait donc réducteur.
1.6 Variabilité des vécus et prudence épistémologique
Il est essentiel de rappeler que de nombreuses femmes ne rapportent aucune altération de leur plaisir clitoridien à la péri-ménopause ou à la ménopause. D’autres décrivent des transformations temporaires, voire une sexualité plus libre et plus consciente.
L’impact de cette période dépend de multiples facteurs :
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terrain hormonal et métabolique,
-
santé vasculaire,
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état pelvien,
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contexte émotionnel et relationnel,
-
histoire corporelle et sexuelle.
Enfin, la recherche sur le clitoris après la ménopause reste limitée. Lorsque les données font défaut, l’approche clinique permet d’émettre des hypothèses prudentes, fondées sur des observations convergentes, sans prétendre à l’universalité. Ces mécanismes biologiques n’agissent jamais indépendamment des dimensions relationnelles, culturelles et symboliques, qui seront abordées dans les parties suivantes.
Pour nous résumer :
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Le clitoris est un organe érectile hormonodépendant, majoritairement interne.
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À la péri-ménopause et à la ménopause, il peut connaître des transformations fonctionnelles, mais pas une disparition.
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Aucune étude ne démontre une réduction systématique de sa taille.
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Les changements concernent surtout la vascularisation, la sensorialité et la réponse érectile, impliquant notamment l’oxyde nitrique.
-
Ces transformations sont variables, dépendantes du terrain global et non universelles.
PARTIE 2 - Agir concrètement sur le plaisir clitoridien à la péri-ménopause et à la ménopause : l'approche de la médecine fonctionnelle intégrative
À la péri-ménopause et à la ménopause, de nombreuses femmes constatent que le clitoris est toujours là, intact sur le plan anatomique, mais qu’il répond moins, plus lentement, parfois de façon inconstante.
Ce vécu est souvent interprété comme une perte définitive du plaisir, alors qu’il traduit le plus souvent une modification profonde des conditions biologiques de la réponse sexuelle.
Dans une approche de médecine fonctionnelle, l’enjeu n’est pas de stimuler le plaisir, mais de comprendre pourquoi le corps n’est plus aussi disponible qu’avant pour y répondre.
À la péri-ménopause, le clitoris ne disparaît pas : il devient plus dépendant du terrain biologique global.
2.1. Objectiver le terrain : comprendre ce qui freine la réponse clitoridienne
La première étape consiste à sortir des explications réductrices (« c’est hormonal », « c’est psychologique ») et à objectiver le terrain biologique réel.
En consultation, cela passe par des bilans fonctionnels qui permettent d’explorer plusieurs axes déterminants du plaisir clitoridien :
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la biodisponibilité hormonale (et non les taux bruts seuls),
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la testostérone libre et la S-DHEA,
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la SHBG, souvent augmentée à la péri-ménopause et responsable d’une captation excessive des androgènes,
-
les marqueurs de l’inflammation de bas grade (CRP US, etc.),
-
la régulation glycémique (HbA1c) et l’éventuelle insulinorésistance (test HOMA, etc.),
-
l’état des réserves micronutritionnelles (notamment zinc),
-
et le fonctionnement hépatique et digestif.
Deux femmes au même âge peuvent ainsi présenter des vécus sexuels radicalement différents selon leur terrain métabolique, inflammatoire et hormonal.
2.2. Androgènes, SHBG et clitoris : une question de biodisponibilité
Le clitoris est un organe érectile androgéno-sensible. À la péri-ménopause, la difficulté n’est pas toujours un manque d’androgènes, mais une diminution de leur disponibilité réelle au niveau des tissus.
Cette baisse fonctionnelle est souvent liée à :
-
une augmentation de la SHBG,
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un stress chronique et un cortisol élevé,
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une inflammation persistante,
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des carences micronutritionnelles.
Le zinc joue ici un rôle central :
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il soutient la synthèse et l’action des androgènes,
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améliore la sensibilité des récepteurs hormonaux,
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participe à la régulation immuno-inflammatoire,
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et contribue à la trophicité tissulaire.
Dans cette logique, certaines plantes de soutien de l’axe androgénique peuvent être mobilisées de façon individualisée (ashwagandha, maca, tribulus, ginseng, etc.), non pour "booster" la sexualité, mais pour rendre le terrain plus permissif à l’expression hormonale.
3.3. Le foie : chef d’orchestre silencieux du plaisir clitoridien
À la péri-ménopause, le problème n’est pas seulement la quantité d’hormones, mais la manière dont elles sont métabolisées. Le foie joue un rôle central dans la biotransformation des œstrogènes (phases I et II).
Lorsque cette fonction est ralentie (stress, surcharge toxique, dysbiose, carences), les œstrogènes sont orientés vers des métabolites oxydés, plus inflammatoires et moins bien éliminés.
Ces œstrogènes oxydés :
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entretiennent l’inflammation de bas grade,
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augmentent la SHBG, diminuant la testostérone libre,
-
perturbent la micro-circulation,
-
et altèrent la qualité tissulaire des organes génitaux, y compris du clitoris.
Les plantes hépato-protectrices classiques conservent ici toute leur pertinence :
-
chardon-marie pour le soutien hépatocytaire,
-
desmodium pour la protection et la régénération hépatique.
Mais, à la péri-ménopause, le soutien hépatique ne peut pas se limiter à ces seuls classiques.
2.4. Gluco-sulforaphane : un levier majeur dans la détoxification des œstrogènes oxydés
Le gluco-sulforaphane, issu des crucifères (brocoli notamment), occupe une place centrale en médecine fonctionnelle.
Il est reconnu pour :
-
activer les enzymes de phase II de détoxification hépatique,
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favoriser l’orientation des œstrogènes vers des voies moins inflammatoires,
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soutenir l’élimination des métabolites œstrogéniques oxydés,
-
réduire le stress oxydatif,
-
et indirectement améliorer la biodisponibilité des androgènes en limitant l’élévation de la SHBG.
Le gluco-sulforaphane ne vise pas à "faire baisser les œstrogènes", mais à les rendre plus "propres", mieux métabolisés et moins délétères pour les tissus.
Sur le plan du plaisir clitoridien, cela se traduit par :
-
une diminution de l’inflammation chronique,
-
une meilleure qualité vasculaire,
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une amélioration de la trophicité tissulaire,
-
et des conditions plus favorables à la réponse érectile et sensorielle.
2.5. Micro-circulation : une condition indispensable de la réponse clitoridienne
Le clitoris étant un organe érectile, toute altération de la micro-circulation impacte directement l’excitation et la sensation. À la péri-ménopause, la micro-circulation peut être entravée par :
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l’inflammation chronique,
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l’insulinorésistance,
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le stress oxydatif,
-
et le vieillissement endothélial.
Certaines plantes de la micro-circulation peuvent alors soutenir la vascularisation génitale (ginkgo biloba, vigne rouge, myrtille ou encore marron d’Inde).
Cliniquement, lorsque le désir est présent mais que "le corps ne suit pas", la difficulté est souvent vasculaire, pas psychologique.
2.6. Inflammation de bas grade, SGUM et protection du corps
L’inflammation chronique de bas grade s’inscrit fréquemment dans le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), reconnu par les sociétés savantes. Elle altère :
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la souplesse des tissus,
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la transmission nerveuse,
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la micro-circulation,
-
et induit une inhibition réflexe de la réponse sexuelle.
Dans cette perspective, les oméga-3 de poissons d'excellente qualité (j'insiste), les plantes anti-inflammatoires (curcuma, boswellia, etc.) et le soutien du métabolisme œstrogénique forment un socle fondamental.
Tant que l’inflammation persiste, le corps privilégie la protection au plaisir.
2.7. Central et périphérique : une réponse sexuelle globale
La réponse clitoridienne dépend à la fois :
-
de mécanismes périphériques (hormones, circulation, tissus),
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et de mécanismes centraux (sécurité, stress, système nerveux).
Un terrain biologique optimisé ne suffit pas si le système nerveux reste en état d’alerte.
C’est pourquoi ce travail s’inscrit toujours, en consultation, dans une approche sexothérapeutique, corporelle et relationnelle, sans injonction à ressentir ni à performer.
Nota :
Cette approche ne vise jamais à produire du plaisir comme une performance. Elle cherche à lever des freins biologiques invisibles afin que le plaisir puisse émerger de façon libre, incarnée et respectueuse du rythme de chaque femme.
Pour nous résumer :
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À la péri-ménopause, le clitoris ne disparaît pas : il devient plus dépendant du terrain.
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Le foie, le métabolisme des œstrogènes et la SHBG jouent un rôle central dans la réponse clitoridienne.
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Le gluco-sulforaphane est un levier majeur dans la détoxification des œstrogènes oxydés.
-
Micronutrition, plantes et sexothérapie ne créent pas le plaisir : elles en créent les conditions.
PARTIE 3 - Réhabiter le corps et la sexualité à la péri-ménopause : sensorialité, temps long, SGUM et liberté intérieure
Même lorsque le terrain biologique est soutenu (hormones mieux biodisponibles, inflammation apaisée, micro-circulation améliorée) le plaisir clitoridien ne revient pas mécaniquement.
À la péri-ménopause et à la ménopause, la sexualité cesse d’être une réponse réflexe pour devenir une expérience profondément située, dépendante du système nerveux, de la temporalité, du rapport au corps et du sens.
À la ménopause, la sexualité devient une question de sens autant que de sensations.
3.1. Le clitoris n’est pas un bouton : c’est un organe de perception inscrit dans le temps
Le clitoris est relié au bassin, au périnée, au diaphragme, au nerf vague et aux circuits émotionnels. Il est un organe de perception, sensible au rythme de vie, à la fatigue, au stress, mais aussi au temps qui passe.
À cette période, beaucoup de femmes disent :
-
"je ne ressens plus comme avant",
-
"je ne me reconnais plus sexuellement",
-
"le plaisir est devenu rare, lent, etc.".
Ces vécus ne traduisent pas nécessairement un blocage. Chez certaines femmes, le plaisir ne se ferme pas : il ralentit, se décale, se raréfie, sans qu’il y ait dysfonction.
La sexualité n’est pas toujours empêchée ; elle est parfois en mutation silencieuse.
3.2. Système nerveux et sécurité : une condition possible, jamais une obligation
Le plaisir sexuel est incompatible avec un système nerveux en état d’alerte prolongée. À la péri-ménopause, l’hypervigilance est fréquente : surcharge mentale, fatigue chronique, irritabilité, difficulté à se sentir présente à son corps.
Dans ces états, l’absence de réponse clitoridienne n’est ni un échec ni un manque de conscience.
C’est souvent une réponse de protection. Et même lorsque la sécurité corporelle s’améliore, le plaisir peut rester discret, fluctuant ou absent, sans que cela ne signe un échec.
La sécurité n’est pas une nouvelle norme à atteindre, mais une condition possible, parmi d’autres, de l’expérience sexuelle.
3.3. SGUM : quand le corps apprend à anticiper
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) ne se réduit pas à des paramètres biologiques. Vécu dans le corps, il transforme la manière dont une femme anticipe la sexualité. Sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, brûlures vulvaires, inconfort chronique peuvent induire :
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une anticipation douloureuse,
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une hypervigilance sensorielle,
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un évitement des rapports,
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une inhibition réflexe de la réponse sexuelle, y compris clitoridienne.
Le SGUM conditionne la sensation avant même la stimulation.
Il est essentiel de rappeler que le SGUM recouvre des vécus très hétérogènes : certaines femmes n’ont pas de douleur, d’autres oui ; certaines conservent du plaisir, d’autres non. Il n’explique ni tout, ni de la même manière.
3.4. Réhabiter la sensorialité : sortir du faire, sans devoir ressentir
Beaucoup de femmes ont appris une sexualité très scriptée, orientée vers l’efficacité ou la réponse attendue.
Lorsque le corps change, cette sexualité peut devenir vide, mécanique ou insatisfaisante. Le travail sexothérapeutique ne vise pas à produire des sensations, mais à autoriser une autre relation au corps :
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ralentir sans objectif,
-
élargir le champ sensoriel,
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remettre le souffle, le mouvement et le bassin au centre,
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reconnecter le clitoris au corps entier, sans obligation de plaisir.
Ressentir n’est jamais une injonction. Ne rien ressentir peut aussi être une étape légitime.
3.5. Le bassin : mémoire, protection et parfois silence
Le bassin est un lieu de mémoire corporelle. À la péri-ménopause, il peut devenir rigide, hypo-mobile, douloureux ou simplement peu habité.
Ces états ne sont pas toujours à "corriger". Ils peuvent aussi traduire une mise à distance, une économie vitale, un besoin de retrait.
L’accompagnement corporel vise alors moins à relancer qu’à écouter, redonner de la mobilité là où c’est possible, sans forcer une vitalité qui n’est pas prête.
3.6. Symptômes, anticipation et lien : quand le couple est impacté
Les symptômes corporels modifient l’anticipation. L’anticipation modifie la réponse nerveuse. La réponse nerveuse modifie la dynamique relationnelle.
Certaines femmes disent :
-
"je repousse mon partenaire",
-
"je n’ai plus envie de faire l’amour",
-
"je me ferme sans comprendre pourquoi".
La sexothérapie de couple permet de déculpabiliser, de sortir des malentendus et de réintroduire du dialogue, sans obligation de sexualité.
À la ménopause, le plaisir dépend aussi de la qualité du lien ou de l’absence de pression.
3.7. Hors couple, hors désir : toutes les trajectoires sont légitimes
Pour certaines femmes, cette période ouvre un retour au plaisir solitaire. Pour d’autres, le plaisir clitoridien n’est plus central. Pour d’autres encore, la sexualité devient rare, symbolique ou absente , sans souffrance.
Ne pas avoir de sexualité, ou choisir de ne pas la travailler, est une option tout aussi légitime.
Il est important de le rappeler : la ménopause n’impose aucun modèle sexuel.Pour certaines femmes, cette étape implique aussi un deuil : celui d’une sexualité plus spontanée, plus performative, plus immédiate.
Ce deuil n’est ni un renoncement ni un échec. Il peut être une traversée existentielle, ouvrant à une autre relation au corps, au temps et au désir.
Pour nous résumer :
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À la péri-ménopause, la sexualité change de rythme, de forme et parfois de place.
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Le plaisir clitoridien dépend du système nerveux, du vécu corporel, du temps long et du sens.
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Le SGUM agit comme une expérience corporelle conditionnante, de façon très variable.
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Il n’y a rien à réussir, rien à retrouver : seulement à écouter ce qui se transforme.
PARTIE 4 - Se faire accompagner à la péri-ménopause : intégrer, traverser… ou simplement laisser être
À la péri-ménopause et à la ménopause, l’enjeu n’est pas de corriger un dysfonctionnement, mais d’accompagner (ou de laisser advenir) une transformation qui dépasse largement la seule sexualité. Lorsque le plaisir clitoridien se modifie, devient plus discret ou disparaît, cela ne signe ni un échec personnel ni une anomalie à réparer, mais souvent un passage de vie qui touche à l’identité, au corps, au lien et au sens.
À la ménopause, l’enjeu n’est pas de retrouver une norme, mais une cohérence.
Il est essentiel de le dire d’emblée : de nombreuses femmes traversent cette période grâce à leurs propres ressources, sans accompagnement formel, et cela peut être tout aussi juste.
4.1. Quand un accompagnement devient pertinent… et quand il ne l’est pas
Un accompagnement n’est pas nécessaire parce que la sexualité change. Il devient pertinent lorsque ces changements s’accompagnent :
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d’une souffrance durable ou envahissante,
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d’un sentiment de perte de repères corporels ou identitaires ("je ne me reconnais plus"),
-
d’une confusion persistante autour du désir ou du féminin,
-
de tensions relationnelles liées à l’évitement, au silence ou aux malentendus,
-
ou d’un isolement psychique face à des vécus encore peu nommés socialement.
À l’inverse, un inconfort ponctuel, un questionnement, une baisse de désir ou une sexualité plus espacée n’appellent pas nécessairement une démarche thérapeutique. Le critère n’est pas le changement, mais la souffrance qu’il génère (ou pas).
4.2. Pourquoi une approche globale peut être aidante
À cette période de vie, les vécus sexuels sont rarement réductibles à une seule cause. Ils résultent souvent d’un enchevêtrement de dimensions biologiques, corporelles, nerveuses, psychiques et relationnelles.
Une approche exclusivement médicale ou uniquement psychologique peut alors laisser certaines dimensions dans l’ombre.
À l’inverse, une approche intégrative permet de ne pas réduire la femme à un symptôme, ni la sexualité à un indicateur de performance ou de bon fonctionnement.
4.3. Ce qu’un accompagnement peut permettre - sans promettre
Un accompagnement ajusté ne vise pas à restaurer une sexualité « comme avant », ni à normaliser le désir ou produire du plaisir à tout prix. Il peut cependant permettre de :
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mettre du sens sur ce qui se transforme,
-
objectiver le terrain biologique lorsque c’est pertinent,
-
éviter l’errance médicale et certaines interprétations erronées ("je n’ai plus de désir", "je n’aime plus mon partenaire"),
-
désamorcer la culpabilité,
-
réhabiter le corps à son rythme,
-
réouvrir le dialogue dans le couple quand il existe,
-
et surtout, retrouver une autorité intérieure sur ses choix corporels, relationnels et existentiels.
4.4. En individuel, en couple… ou sans accompagnement
Certaines femmes choisissent un espace individuel, pour comprendre ce qui se joue dans leur corps, leur désir et leur identité.
D’autres trouvent un soutien dans un accompagnement de couple, lorsque les symptômes ou les incompréhensions affectent la relation.
Mais il est fondamental de l’affirmer clairement : se faire accompagner n’est ni une obligation ni un passage obligé. Ne plus avoir de sexualité à la ménopause peut être une expérience normale, choisie et non problématique.
4.5. Une traversée individuelle inscrite dans un contexte culturel
Si cette transformation est vécue de manière intime, elle n’est jamais hors sol.
Les recherches en anthropologie et en sociologie de la santé montrent que la manière dont la ménopause est vécue varie fortement selon les cultures.
Dans certaines sociétés, notamment en Asie de l’Est comme au Japon, la ménopause est traditionnellement pensée comme une transition naturelle, peu médicalisée, associée à un changement de statut social, à une libération des contraintes reproductives, et parfois à une plus grande autonomie symbolique.
Les femmes y ont historiquement rapporté moins de symptômes climatériques et moins de vécu de perte identitaire ou sexuelle.
Cela ne signifie pas que les corps seraient biologiquement différents, mais que les représentations sociales, les attentes et les récits collectifs modulent profondément l’expérience corporelle.
Dans les sociétés occidentales contemporaines, la ménopause est souvent associée à :
-
la perte (de désir, de féminité, de valeur),
-
le déclin,
-
et une norme de sexualité performative qui laisse peu de place aux transformations.
Ces cadres culturels influencent :
-
la manière dont les femmes interprètent les changements de leur corps,
-
la signification qu’elles donnent à la modification du plaisir,
-
et le degré de souffrance qui y est associé.
Penser la ménopause dans une perspective anthropologique permet de désessentialiser le problème, sans nier la réalité des vécus, mais en rappelant qu’ils sont situés socialement et culturellement.
POur nous résumer :
-
On ne se fait pas accompagner parce qu’on "ne fonctionne plus",
-
mais parce qu’une transformation peut nécessiter (ou pas) un espace tiers pour être traversée.
-
L’accompagnement individuel ne remplace pas l’évolution nécessaire des normes sociales autour de la ménopause.
-
À la péri-ménopause, la question n’est pas "comment retrouver le plaisir", mais comment habiter ce qui change, dans un corps et une culture donnés.
Lorsque les dimensions biologiques, corporelles, relationnelles et subjectives de la ménopause ont été explorées, une question demeure et est fréquemment formulée par les femmes elles-mêmes : pourquoi cette période est-elle vécue comme une crise, une perte ou une épreuve psychologique dans certaines sociétés, alors qu’elle semble beaucoup moins problématique dans d’autres contextes culturels ?
Cette question invite à déplacer le regard : non plus seulement vers le corps individuel, mais vers les récits collectifs, les normes sociales et les cadres culturels qui entourent la ménopause.
Encadré anthropologique - ménopause, cultures et archétypes : quand le sens transforme l’expérience
Lorsque les dimensions biologiques, cliniques et relationnelles de la ménopause ont été explorées, une question demeure, fréquemment formulée par les femmes elles-mêmes : pourquoi la ménopause est-elle vécue comme une épreuve psychologique dans certaines sociétés et comme une transition relativement paisible dans d’autres ?
Les recherches en anthropologie médicale et en psychologie culturelle apportent un éclairage décisif : les transformations corporelles sont largement universelles, mais leur vécu subjectif dépend fortement du cadre culturel, des récits collectifs et du statut symbolique accordé aux femmes ménopausées.
Autrement dit, si la biologie est partagée, la souffrance ne l’est pas nécessairement.
Ce que montre la recherche anthropologique sur la ménopause
Les travaux de Margaret Lock, notamment dans Encounters with Aging : Mythologies of Menopause in Japan and North America (1993), constituent une référence incontournable. Ils montrent que, historiquement, les femmes japonaises rapportaient :
-
moins de symptômes climatériques,
-
moins de détresse associée à la ménopause,
-
et une perception globalement moins négative de cette transition.
Lock insiste sur un point central : ces différences ne sont pas biologiques, mais culturelles. Elles tiennent à une ménopause moins médicalisée, moins associée à la perte de valeur féminine, et davantage pensée comme une transition naturelle de la vie.
Ces résultats font écho aux analyses d’Emily Martin, qui montre comment, en Occident, le corps féminin est souvent décrit à travers des métaphores de défaillance, d’usure et de perte, ce qui est une lecture particulièrement marquée dans les discours sur la ménopause.
Lorsque la ménopause est pensée comme un déclin, elle est plus souvent vécue comme telle.
Maladie ou expérience vécue ? Une distinction clé
L’anthropologue et psychiatre Arthur Kleinman propose une distinction essentielle entre :
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disease : le phénomène biologique objectivable,
-
illness : l’expérience vécue, interprétée et chargée de sens.
Appliquée à la ménopause, cette distinction permet de comprendre que :
-
la transition hormonale est universelle,
-
mais que la souffrance psychologique, la perte de repères identitaires ou la transformation du plaisir sont socialement et culturellement situées.
Ce ne sont donc pas seulement les corps qui changent,
mais la manière dont une société apprend à lire ces changements.
La Femme sage : un archétype, pas une norme
Dans de nombreuses traditions mythologiques et symboliques, on retrouve la figure de la Femme Sage, de l’Ancienne ou de la Crone. Sur le plan de la psychologie analytique, il s’agit d’un archétype : une structure symbolique universelle, et non d’un modèle social imposé.
Les travaux de Clarissa Pinkola Estés ont contribué à rendre visible cette figure, en montrant que la fin de la période reproductive est souvent associée, symboliquement, à :
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une libération du regard social,
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une parole moins contrainte par la séduction,
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une autorité intérieure accrue.
Il est essentiel de le préciser clairement : un archétype n’est ni une injonction, ni une trajectoire obligatoire, ni une réalité sociale universelle. Il coexiste avec des contextes matériels très différents, y compris des sociétés où les femmes âgées peuvent être marginalisées ou invisibilisées.
Cette lecture symbolique n’explique pas tout, mais elle offre un cadre de sens là où il n’y en a parfois aucun.
Attention aux idéalisations : toutes les cultures ne valorisent pas la ménopause
Contrairement à une vision romantisée, les sociétés dites "traditionnelles" ne valorisent pas toutes la femme ménopausée. Certaines associent la fin de la fertilité à une perte de statut, à des représentations négatives, voire à des formes d’exclusion.
Ce qui semble déterminant n’est donc pas la culture en soi, mais :
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l’existence ou non de rites de passage,
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la reconnaissance symbolique du changement de statut,
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et la possibilité donnée aux femmes de mettre du sens sur ce qui se transforme.
Là où il n’y a pas de récit collectif, la ménopause est plus souvent vécue comme une perte individuelle.
Un éclairage clinique, pas une assignation
Introduire une lecture anthropologique et archétypale de la ménopause ne vise pas à :
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nier les difficultés corporelles ou sexuelles,
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idéaliser la "femme sage",
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ni assigner les femmes à un rôle symbolique.
En consultation, je constate fréquemment que la souffrance exprimée ne correspond pas uniquement à des symptômes, mais à une perte de repères : "je ne sais plus ce que cette période dit de moi", "je n’ai aucun modèle pour comprendre ce que je vis". Cet éclairage permet alors de :
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désindividualiser la souffrance,
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éviter de confondre transformation identitaire et pathologie,
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sortir d’une lecture strictement déficitaire de la ménopause,
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et redonner au corps une place située, plutôt que défaillante.
Ce cadre n’impose rien. Il ouvre juste des possibles, sans obligation d’y adhérer.
Ce qu'une telle lecture évite, c'est de :
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Réduire la ménopause à un déficit hormonal
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Confondre changement de désir et dysfonction
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Psychologiser à outrance une transformation culturelle
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Isoler les femmes face à une expérience collective silencieuse
Autrement dit : si la ménopause est si souvent vécue comme une épreuve en Occident, ce n’est peut-être pas parce que les corps faiblissent, mais parce que les récits capables d’accueillir cette transformation ont disparu.
Cet éclairage anthropologique ne remplace ni l’approche clinique, ni l’accompagnement thérapeutique. Il permet toutefois de recontextualiser la ménopause, en rappelant que la souffrance n’est pas uniquement liée aux transformations biologiques, mais aussi à l’absence de récits collectifs capables de contenir ce passage.
C’est à l’articulation du corps, du sens et du lien que peut alors se penser une approche plus juste de la ménopause, ni idéalisée, ni pathologisée.
Conclusion
Le clitoris à la ménopause : une transformation globale à comprendre, accompagner et situer
Lorsque le plaisir clitoridien se modifie à la péri-ménopause ou à la ménopause, beaucoup de femmes se posent les mêmes questions : "est-ce normal ?", "est-ce définitif ?", "est-ce que mon corps est en train de dysfonctionner ?".
L’ensemble de cet article permet de poser un cadre clair : le clitoris n’est pas un organe défaillant, mais un révélateur sensible des transformations multiples qui traversent le corps féminin à cette période de vie.
Ces transformations concernent à la fois :
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l’équilibre hormonal,
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la microcirculation et la trophicité des tissus,
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l’inflammation de bas grade,
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le fonctionnement du système nerveux,
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le rapport au corps, au désir et au plaisir,
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ainsi que le contexte relationnel et culturel dans lequel ces changements surviennent.
Réduire la modification du plaisir clitoridien à une simple fatalité liée à l’âge ou à un déficit isolé revient à produire une lecture réductrice, souvent génératrice d’inquiétude, de culpabilité et d’errance médicale.
Il est indispensable de reconnaître que certaines femmes présentent des manifestations génito-urinaires liées à la chute des œstrogènes, susceptibles d’altérer le confort, la sensibilité et le plaisir. Nommer ces réalités corporelles permet de sortir du déni et de la psychologisation abusive. Mais cette reconnaissance n’a de sens que si elle ne conduit pas à réduire l’expérience sexuelle féminine à un syndrome ou à un état tissulaire. Le corps explique une part du vécu, sans jamais en épuiser la signification. La sexualité à la ménopause ne se résume ni à un taux hormonal, ni à une norme physiologique, ni à une performance à restaurer.
Ce que met en évidence l’approche développée ici, c’est la nécessité de relier les niveaux, plutôt que de les opposer. Dans la pratique clinique, cela implique un travail conjoint sur :
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le terrain biologique (bilans, micronutrition, soutien hormonal et métabolique),
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la circulation, l’inflammation et la vitalité tissulaire,
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le système nerveux et la sécurité corporelle,
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la sensorialité et le rapport au plaisir,
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ainsi que le sens donné à ces transformations dans l’histoire personnelle et relationnelle.
Cette approche intégrative permet :
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d’éviter les diagnostics hâtifs,
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de ne pas confondre fatigue, stress, désajustement relationnel et perte de désir,
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de sortir de l’injonction à "retrouver comme avant",
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et d’accompagner le corps là où il en est, plutôt que de le contraindre.
Le corps féminin à la ménopause ne demande pas toujours à être corrigé, mais à être compris, soutenu et respecté dans son rythme de transformation.
Par ailleurs, l’éclairage anthropologique et culturel rappelle que la souffrance associée à la ménopause n’est ni universelle ni inévitable. Elle est largement façonnée par les normes sociales, les attentes autour de la féminité et de la sexualité, et l’absence de récits collectifs pour penser le féminin mature.
Dans ce contexte, le clitoris devient parfois le lieu où se cristallisent :
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la peur de perdre sa désirabilité,
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l’angoisse du vieillissement,
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et la confusion entre transformation et défaillance.
Penser le clitoris à la ménopause, ce n’est donc pas seulement parler de sexualité, mais interroger le rapport que nos sociétés entretiennent avec le corps féminin lorsqu’il change.
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La ménopause ne signe pas la fin du plaisir, mais une reconfiguration globale.
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Le clitoris à la ménopause est un indicateur sensible de transformations biologiques, nerveuses, relationnelles et culturelles.
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Nommer les réalités corporelles est nécessaire, sans réduire la femme à un symptôme.
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C’est à l’articulation du corps, du soin, du lien et du sens que peut se penser une sexualité féminine mature, incarnée et digne.
Si la péri-ménopause ou la ménopause a modifié votre rapport au corps, au plaisir ou à l’intimité, vous n’avez pas à traverser cela seule. Je propose un accompagnement intégratif et clinique, alliant psychologie, sexothérapie, approche psycho-corporelle et médecine fonctionnelle, pour comprendre ce qui se transforme et agir concrètement lorsque c’est nécessaire.
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Prendre rendez-vous, c’est déjà remettre de la clarté et du choix là où il y avait de la confusion ou de la culpabilité.
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