Dr Céline BERCION / Naturopathe, coach et praticienne en médecines complémentaires

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Les 7 signes d'une mauvaise santé intestinale

09 Jan 2023 NeoSoi - Céline BERCION Naturopathie

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La santé intestinale est devenue l'un des sujets de santé les plus brûlants ces dernières années. En effet, de nombreuses sources de données ont commencé à nous en apprendre davantage sur le lien complexe entre leur santé intestinale et leur santé globale. Une mauvaise santé intestinale peut ainsi provoquer un large éventail de symptômes, dont certains n'impliquent même pas l'intestin. La santé de votre microbiote intestinal a donc un impact sur votre santé globale de bien des manières. Regardons cela de plus près afin de savoir comment faire de notre microbiote intestinal un allié santé d'exception. 

Votre santé globale est fortement liée à la santé de votre intestin

Lorsque votre microbiome intestinal est détraqué, votre corps vous le fait savoir. Encore faut-il comprendre ce que le corps nous dit au lieu de chercher systématiquement à en éradiquer les symptômes à coup de médicaments ... Cela ne vous viendrait pas à l'esprit de débrancher le fusible de votre tableau de bord de voiture chaque fois qu'un voyant s'allume. Et pourtant, c'est fréquemment ce que nous faisons lorsque nous vivons ces désagréments, ces 7 signes qui indiquent que notre santé intestinale a besoin d'être chouchoutée.

1- Vous êtes plus irritable que d'habitude.
L'intestin peut envoyer des signaux au cerveau lorsqu'il est en détresse.
Les problèmes intestinaux peuvent causer des problèmes d'humeur tels que l'irritabilité, le stress et l'anxiété.

2- Vous êtes inexplicablement fatigué.
Si votre intestin n'absorbe pas suffisamment les bons nutriments , cela peut entraîner une malabsorption et affecter négativement votre niveau d'énergie.

3- Les maux de tête.
Cela peut être lié à l'axe intestin cerveau et à l'inflammation. Selon The Journal of Headache and Pain, "Il existe une association entre les migraines et les douleurs abdominales". Un axe que j'explore systématiquement lorsqu'une personne vient me voir pour des céphalées pour lesquelles la médecine conventionnelle n'a pas trouvé de réponses pertinentes. 

4- Vous êtes constipé ou ballonné / irrégulier à la selle.
Une mauvaise santé intestinale peut provoquer de la constipation et des ballonnements. C'est un phénomène qui concerne plus les femmes que les hommes. Il est délétère pour la santé. 
Par ailleurs, si votre fréquence de selles change sans raison apparente et provoque des symptômes qui interfèrent avec votre vie quotidienne, il y a une vraie action à mener sur votre santé intestinale.

5- Vous avez une mauvaise haleine.
Si votre haleine sent mauvais même avec un brossage des dents et des soins bucco-dentaires quotidiens, il est peut-être temps d'arrêter les sprays buccaux à la menthe et de vous concentrer sur votre intestin .

6- Vous avez de nouvelles sensibilités alimentaires.
De grosses particules alimentaires et/ou des bactéries peuvent pénétrer dans la circulation sanguine, entraînant une inflammation. Cela peut contribuer aux sensibilités alimentaires, qui peuvent se manifester par des symptômes gastro-intestinaux tels que ballonnements, gaz, diarrhée, constipation et nausées, ainsi que des signes non gastro-intestinaux tels que maux de tête, brouillard cérébral et éruptions cutanées.

7- Votre peau fait des siennes.
Il existe de nombreux déclencheurs possibles des symptômes d'inflammation cutanée , y compris les allergies et le stress, mais une mauvaise santé intestinale joue également un rôle majeur.

 

Plus globalement, depuis plus de 10 ans, pléthores d'études montrent que de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies dites de civilisation telles que le diabète de type 2, l' hypertension, la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, l' autisme, les maladies du foie (telles que le NASH ou maladie du foie gras ), les maladies cardio-vasculaires, la prise de poids et l'obésité, les allergies, ou encore l'asthme, sont étroitement liées à nos modes alimentaires et à l'état de notre microbiote intestinal.

Autrement dit, on sait aujourd'hui que le microbiote intestinal est un acteur majeur qui va "piloter" notre bonne santé si on s'en occupe correctement.

Qu'est-ce que le microbiote intestinal ?

Notre intestin possède son propre microbiome, c'est-à-dire un écosystème de billions de micro-organismes qui vivent dans notre gros et notre petit intestin. Certaines de ces nombreuses bactéries sont bénéfiques alors que d'autres sont délétères pour notre santé. D'ailleurs, le microbiote intestinal en quelques chiffres, c'est : 

- 100 000 milliards de bactéries soit 10 fois plus que nos cellules !

-  de 400 à 500 espèces bactériennes différentes qui le caractérisent et pour la plupart ces bactéries nous sont bénéfiques.

les gènes du microbiote intestinal sont 100 fois supérieurs au nôtre : 600 000 gènes pour les bactéries versus 23 000 gènes pour l'être humain. Partant de ce constat, certains scientifiques se demandent même si nous sommes plutôt microbiens que humains au vu de l'expression quotidienne de ces gènes... Serions-nous donc plus bactériens qu'humains ? ...

Comme une empreinte digitale, la composition du microbiome intestinal de chacun est unique. Lorsque l'équilibre est bon et que nous sommes en bonne santé, tous ces résidents microscopiques - les bons et les moins bons - coexistent dans un équilibre pacifique dans notre intestin. Notre microbiote est notre ami intime ; il vit en symbiose avec nous. A la manière d'une association indissociable, notre microbiote fonctionne comme une association à bénéfices réciproques : chacun des associés - lui et vous - trouve son compte dans l'association. Ainsi donc, lorsque la symbiose est parfaite, les micro-organismes non pathogènes sont en effet les plus nombreux. 

Notre microbiote intestinal humain possède trois grandes familles bactériennes - ou phyla - représentées dans le côlon :

- Les Firmicutes pour 50 % ,

- Les Bacteroidetes pour 10 à 40 % ,

- Les Actinobactéries

Et beaucoup d'autres bactéries exsitent également, mais dans des quantités néanmoins tout-à-fait marginales. Des analyses du microbiote intestinal existent ; ces analyses sont souvent faîtes, en cas de besoin, dans des laboratoires spécifiques ; elles ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale et très peu connues / prescrites par les médecins généralistes. 

Autre donnée saisissante : notre microbiote intestinal pèse entre 1,5 et 2 kg.  Il est donc plus lourd que notre cerveau ; il est très innervé avec plus de 200 millions de neurones, d'où son appellation parfois de "second cerveau" . Il est en dialogue direct avec le cerveau ; d'ailleurs, on parle souvent de l'axe intestin-cerveau, autrement dit, des relations continuelles et étroites entre notre cerveau et notre intestin. Ce dialogue entre intestin et cerveau se réalise de différentes manières : via le nerf vague, via les hormones, via le système lymphatique ... et, bien entendu, sous le contrôle et la participation active du microbiote intestinal. Je trouve cela fascinant. 

D'après vous, est-ce le cerveau qui bavarde le plus avec l'intestin ou est-ce l'intestin qui bavarde le plus avec le cerveau ? Les études les plus récentes démontre que c'est l'intestin qui communique dix fois plus avec le cerveau que le cerveau avec l'intestin. Etonnant, non ? 

Fort de toutes ces données et étayages scientifiques, on comprend à quel point il est extrêmement important de maintenir un microbiote intestinal sain. On sait, depuis quelques années, qu'un déséquilibre du microbiote intestinal - à l'occasion de la prise d'antibiotiques par exemple - , retenti considérablement sur notre humeur et notre état de santé de façon beaucoup plus importante et profonde qu'on ne le croyait jusque-là. D'ailleurs, si la dysbiose persiste et s'aggrave, on peut même atteindre la galère du leaky gut ou hyperperméabilité intestinale (la barrière intestinale devient perméable et laisse malheureusement passer des substances qui, normalement, ne passent pas dans le sang, entrainant alors une inflammation dite de "bas grade", délétère au long cours pour notre santé).

Comme nous venons de le voir, notre microbiote intestinal joue plusieurs rôles clés dans notre corps. A titre d'exemple, 70% de notre système immunitaire est fait à partir de nos intestins. Surprenant, non ? Autre exemple étonnant : le microbiote intestinal participe à la synthèse d’hormones comme la sérotonine (le saviez-vous : 80 % est produite au niveau du microbiote intestinal), la dopamine, le gaba (acide gamma amino-butyrique) , ou encore la norépinéphrine. Voilà pourquoi, lorsque j'ai des personnes qui viennent me voir en rendez-vous pour "booster" leur système immunitaire, je leur propose très fréquemment de travailler sur leurs intestins et leur côlon. Voilà pourquoi, également, lorsque des personnes viennent me voir pour des symptômes dépressifs qui n'arrivent pas à être jugulés par des antidépresseurs médicalement prescrits, je leur propose de travailler sur leur microbiote intestinal. Ce n'est pas de la magie, c'est de la biochimie basée sur de récentes découvertes scientifiques. CQFD.

Alors comment améliorer votre santé intestinale et diversifier vos bonnes bactéries ?

La bonne nouvelle, c'est que vous pouvez réparer et améliorer naturellement la santé de votre intestin et également prévenir son dysfonctionnement. Cela commence déjà par un  réajustement de certaines habitudes de vie qui influencent directement l'équilibre de votre microbiome.

Et cela commence déjà par ce que vous mettez dans votre assiette au quotidien. On ne le répètera jamais assez : la nutrition est le fondement d'une bonne santé intestinale" Les aliments que l'on mange entrent en contact direct avec notre muqueuse intestinale et notre microbiome. En effet, tout ce qui n'est pas digéré et absorbé à 100 %, comme certains nutriments, fibres alimentaires et glucides non digestibles appelés FODMAP (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles), tout cela interagit avec nos tissus intestinaux et nos bactéries intestinales, pour le meilleur ou pour le pire. 

Par ailleurs, le type de nourriture que vous mangez détermine le type de bactéries qui peuvent vivre dans votre intestin. En toute logique, les micro-organismes bénéfiques de votre intestin préfèrent les végétaux. Par conséquent, manger des fibres végétales à base de légumes et de légumineuses  ) tous les repas reste le meilleur moyen de commencer à améliorer votre santé intestinale. Cela favorisera, par ailleurs, votre  équilibre acido-basique (cf. article de mon blog du mois dernier). 
Nota : lorsque les études nous montrent que la plupart des Américains ne consomment en moyenne que 15 grammes de fibres par jour. Même si l'apport recommandé est de 25 à 38 grammes par jour, on comprend pourquoi on assiste à une explosion des maladies dites de "civilisation". 

Autre conseils : 

  • Ayez une alimentation colorée et diversifiée. Les différentes bactéries, avec des métabolismes différents, auront alors la nourriture dont elles ont besoin ;
  • Misez sur les aliments fermentés (et donc non pasteurisés) : vinaigre de cidre non pasteurisé, cornichons non pasteurisés, kombucha, etc.
  • Mangez moins d'aliments transformés / ultra-transformés, trop riches en sucre et en mauvaise graisse.
  • Adoptez quelques habitudes de vie saine : bien s'hydrater, avoir une activité physique régulière, dormir au moins 7 heures par nuit, lutter contre le stress, etc. 
  • Bannissez les édulcorants qui affectent négativement le microbiote intestinal ; 
  • Evitez vraiment les antibiotiques (sauf si besoin) ainsi que la prise médicamenteuse au long court (sauf si réellement besoin). Il existe de belles alternatives naturelles qui n'ont pas tous ces effets iatrogènes et ces impacts sur le bicrobiome.

Bref, finalement rien de nouveau en terme de conseils et pourtant, c'est FONDAMENTAL ; et ça fait une différence majeure sur la santé. 

Par ailleurs, votre naturopathe est là pour vous conseiller et vous accompagner dans la prise de compléments alimentaires ciblés et efficaces selon votre problématique. Je reçois encore trop de personnes en rendez-vous qui pensent que la prise de probiotiques suffit à refaire un microbiome dysfonctionnel, voire pathologique. Non seulement c'est faux, mais il y a surtout un risque d'amplifier le déséquilbre bactérien et favoriser alors la poussée d'une belle candidose. Voilà un bel effet pervers lié à un mésusage des probiotiques. Ce n'est pas parce que c'est naturel que cela n'a pas d'effet négatif sur la santé. 

En conclusion

Aujourd’hui, les scientifiques s’accordent à dire que les façons de se nourrir exercent une influence fondamentale sur l’équilibre du microbiote intestinal, qui contribue à son tour à la santé et au bien-être en général. Ce qui est génial avec le vivant en général et le corps humain en particulier, c'est qu'il y a toujours moyen d'agir. On peut moduler / optimiser la composition de son microbiote intestinal à tout âge. Comme nous l'avons vu, les bactéries intestinales se nourrissent de ce que nous mangeons, et répondent aux changements apportés dans l’alimentation en seulement 24h.

Nous pouvons favoriser la croissance de colonies de bactéries bénéfiques grâce à nos choix alimentaires, et réduire ainsi le risque de maladie / moduler les symptômes de pathologies déjà installées. Le corps possède une capacité de résilience extraordinaire. Pour ce faire, nous devons agir avec plus de conscience quotidienne pour favoriser les facteurs favorables à un bon microbiote intestinal et évincer les éléments pouvant favoriser un déséquilibre du microbiome. 

Votre naturopathe est là pour vous accompagner vers une meilleure hygiène de vie ainsi que dans le travail spécifique du rééquilibrage de votre microbiote avec des compléments alimentaires si besoin. 

 

Eveille-toi à ta santé et à ton soleil intérieur

Céline 

1. Burcelin R., Zitvogel L., Fond G., Sokol H.Inserm, la science pour la santé. 2016. Disponible : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale

2. Bravo JA, Forsythe P, Chew MV, Escaravage E, Savignac HM, Dinan TG, Bienenstock J, Cryan JF. Ingestion of Lactobacillus strain regulates emotional behavior and central GABA receptor expression in a mouse via the vagus nerve. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Sep 20;108(38):16050-5. doi: 10.1073/pnas.1102999108. Epub 2011 Aug 29. PMID: 21876150; PMCID: PMC3179073. Disponible : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21876150/

3. Crumeyrolle-Arias M, Jaglin M, Bruneau A, Vancassel S, Cardona A, Daugé V, Naudon L, Rabot S. Absence of the gut microbiota enhances anxiety-like behavior and neuroendocrine response to acute stress in rats. Psychoneuroendocrinology. 2014 Apr;42:207-17. doi: 10.1016/j.psyneuen.2014.01.014. Epub 2014 Jan 31. PMID: 24636517. Disponible : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24636517/

4. Giloteaux, L., Goodrich, J.K., Walters, W.A. et al. Reduced diversity and altered composition of the gut microbiome in individuals with myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome. Microbiome 4, 30 (2016). https://doi.org/10.1186/s40168-016-0171-4. Disponible : https://microbiomejournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40168-016-0171-4#citeas

5. Jason A. Hawrelak, BNat (Hons), PhD Candidate and Stephen P. Myers, PhD, BMed, ND. The Causes of Intestinal Dysbiosis: A Review. Alternative Medicine Review. 2004. [consulté le 1 décembre 2020] disponible : http://archive.foundationalmedicinereview.com/publications/9/2/180.pdf

6. Prados A, The gut microbiome’s influence on non-communicable diseases and behaviour: main findings of MyNewGut project. Gut Microbia For Health by ESNM. 2019 Février [consulté le 1 décembre 2020]. Disponible : https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/the-gut-microbiomes-influence-on-non-communicable-diseases-and-behaviour-main-findings-of-mynewgut-project/

7. Bonaz.B, Stress et immunité de la physiologie (intégrée) à la pathologie. Nouvelles voies de recherche. Département d’Hépato-Gastroentérologie et Groupe d’Etude du Stress et des Interactions Neuro-Digestives (GESIND), Hôpital Albert Michalon,Grenoble. 2002 [consulté le 1 décembre 2020]. Disponible : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/colloques/cr/Stressimmunite2/Bonaz.html

8. Ugolini S. Quand le stress affaiblit les défenses immunitaires. Inserm, la science pour la santé. 2020 Mars. Disponible : https://presse.inserm.fr/quand-le-stress-affaiblit-les-defenses-immunitaires/38527/

9. Gut Microbia For Healthy by ESNM. « Une grande diversité de micro-organismes rend votre microbiote plus résistant. » Entrevue avec Paul Cotter. 2019 Septembre. Disponible : https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/fr/une-grande-diversite-de-micro-organismes-rend-votre-microbiote-plus-resistant-entrevue-avec-paul-cotter/

10. Bacquaert.P. Microbiote et Sport. Institut de Recherche du bien-être, de la médecine, et du sport santé. 2020 Janvier. Disponible : https://www.irbms.com/microbiote-et-sport/

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