Céline BERCION - Dr en Sociologie et Psychologie sociale
Psychothérapie systémique

Thérapie de couple - Sexothérapie 
Initiatrice des grandes traversées de vie

Psychothérapie, thérapie de couple, sexothérapie et éveil de conscience

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Céline BERCION - Dr en Sociologie et Psychologie sociale
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Initiatrice des grandes traversées de vie

Peut-on vraiment reconstruire un couple avec son ex après une séparation ? Analyse psychologique et signes qui ne trompent pas

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Près d’une personne sur deux a déjà renoué avec un ancien partenaire au moins une fois au cours de sa vie. Pourtant, se remettre avec son ex n’est ni un signe évident d’amour, ni forcément une erreur : c’est surtout une dynamique relationnelle complexe qui peut révéler une répétition inconsciente… ou une transformation profonde du lien.

Comprendre ce qui distingue ces deux trajectoires est essentiel pour savoir si reconstruire un couple après une séparation relève d’une véritable évolution ou d’un attachement qui n’a jamais vraiment lâché prise.

Peut-on vraiment reconstruire un couple après une séparation ? C’est une question que se posent silencieusement de nombreuses personnes après une rupture. Se remettre avec son ex est en réalité une dynamique relationnelle fréquente : les recherches longitudinales menées notamment par Sarah Halpern-Meekin et Rene Dailey montrent à ce sujet que les retrouvailles amoureuses font partie des trajectoires sentimentales courantes, mais qu’elles n’ont pas toutes la même signification psychologique.

Une séparation met fin à une relation, pas nécessairement au lien. La théorie de l’attachement développée par John Bowlby explique que les figures affectives restent actives intérieurement, ce qui peut maintenir l’élan vers un ancien partenaire. Oui, un couple peut se reconstruire après une rupture ; mais seulement dans certaines conditions émotionnelles, relationnelles et psychiques précises.

Comprendre ces conditions change entièrement la manière d’interpréter les retrouvailles.

Partie 1 - Que signifie réellement se remettre avec son ex ?

Se remettre avec son ex désigne une situation relationnelle dans laquelle deux partenaires reprennent une relation après une rupture. Cette définition simple recouvre pourtant des réalités psychologiques très différentes. Revenir vers un ancien partenaire peut traduire un attachement persistant, une répétition émotionnelle, une tentative de réparation… ou encore une véritable transformation intérieure.
 

Non. Toutes les retrouvailles ne sont pas des renaissances.
 

Les recherches longitudinales en psychologie relationnelle menées notamment par Sarah Halpern-Meekin et Rene Dailey montrent qu’une proportion importante d’adultes a déjà vécu au moins une relation marquée par une rupture suivie d’une reprise. Ces études empiriques indiquent que les couples dits "cycliques" constituent une dynamique relationnelle spécifique, associée en moyenne à davantage d’ambivalence émotionnelle et d’instabilité que les couples continus.

Les données de recherche confirment donc l’existence du phénomène, tandis que l’observation clinique permet d’en comprendre les mécanismes.

1.1 Revenir, répéter, réparer ou reconstruire : quatre réalités distinctes

Sur le plan psychologique, retourner vers un ancien partenaire peut correspondre à des processus très différents :

  • revenir pour apaiser un manque

  • répéter un schéma familier

  • réparer ce qui a échoué

  • reconstruire une relation nouvelle

Ces distinctions sont essentielles, car elles n’impliquent pas le même degré d’évolution personnelle. Le modèle d’investissement amoureux développé par Caryl Rusbult montre qu’un individu peut rester attaché à une relation insatisfaisante simplement en raison des ressources qu’il y a investies (temps, énergie, projets, identité). Dans ce cas, le retour ne traduit pas forcément un amour profond mais parfois une difficulté à renoncer à cet investissement.

Se remettre avec son ex ne signifie donc pas nécessairement qu’on s’aime encore, ni que la relation était destinée à durer.

1.2 Attachement n’est pas amour

La confusion la plus fréquente consiste à interpréter la persistance des pensées envers un ancien partenaire comme une preuve de compatibilité amoureuse. Or la théorie de l’attachement élaborée par John Bowlby montre que les figures affectives importantes continuent d’exister intérieurement même après leur absence.

Le lien psychique peut survivre à la relation réelle.
 

Les neurosciences affectives, notamment les travaux de Helen Fisher, confirment ce phénomène : après une rupture, les circuits cérébraux associés à l’attachement et à la motivation restent actifs, ce qui peut maintenir l’élan vers l’ancien partenaire malgré une décision rationnelle de séparation.

Penser encore à quelqu’un n’est donc pas une preuve qu’il faut revenir vers lui. Cela peut simplement indiquer que le système d’attachement n’a pas encore intégré la rupture.

1.3 Pourquoi certaines ruptures ne rompent-elles pas vraiment ?

La mémoire émotionnelle joue un rôle central. Comme l’a montré Boris Cyrulnik, les expériences affectives marquantes laissent des traces durables dans la psyché. Ainsi donc, une relation importante ne disparaît donc pas immédiatement après sa fin ; elle persiste sous forme d’empreinte interne susceptible d’être réactivée.

Les approches contemporaines de l’attachement adulte développées notamment par Nicole Guédeney et Gwenaëlle Persiaux montrent également que certaines séparations réactivent des blessures relationnelles plus anciennes. Le désir de retrouver l’ancien partenaire peut alors être lié autant à l’histoire personnelle qu’à la relation elle-même.

Ce phénomène peut être décrit comme une illusion de continuité affective : l’impression que le lien existe encore simplement parce que l’émotion, elle, n’a pas disparu.

1.4 Le facteur temps : variable décisive

Un élément déterminant, souvent négligé dans l’analyse des retrouvailles, est la durée écoulée entre la rupture et le retour. Ce paramètre modifie profondément la lecture clinique :

  • retour immédiat → réaction émotionnelle

  • retour après plusieurs mois → élaboration psychique

  • retrouvailles tardives → transformation personnelle possible

Plus le retour est rapide, plus il est émotionnel ; plus il est tardif, plus il peut être conscient.


Les autres facteurs invisibles qui influencent les retours

Les décisions de reprise relationnelle ne sont pas uniquement dictées par les sentiments. Elles peuvent aussi être influencées par des variables contextuelles déterminantes :

  • présence d’enfants

  • dépendance financière

  • pression familiale

  • isolement affectif

  • peur de la solitude

Ces éléments montrent que les retrouvailles ne relèvent pas seulement d’une logique amoureuse mais d’une interaction complexe entre histoire personnelle, environnement et régulation émotionnelle.


Pour nous résumer ...

Se remettre avec son ex peut correspondre à trois réalités différentes :

  • un attachement persistant

  • une répétition émotionnelle

  • une transformation réelle

Sans analyser le sens psychique du retour, il est impossible d’en comprendre la portée. Le retour vers un ex n’est jamais un signe en soi. C’est la raison du retour qui lui donne sa signification.
 

Comprendre ce que signifie se remettre avec son ex constitue la première étape. Mais pour saisir pourquoi certaines personnes restent attachées malgré la séparation, il faut maintenant examiner les mécanismes psychiques qui maintiennent le lien après une rupture.

Partie 2 - Pourquoi le lien persiste après une rupture

L’attachement post-rupture est un phénomène psychologique normal dans lequel le lien émotionnel persiste malgré la fin de la relation. Une séparation peut interrompre l’histoire vécue à deux, mais elle n’interrompt pas instantanément les processus internes qui maintiennent l’attachement.
Comprendre ce décalage est essentiel : ce n’est pas la rupture qui met fin au lien psychique, c’est l’intégration de la rupture. Beaucoup de personnes se demandent alors : pourquoi je n’arrive pas à oublier mon ex ? Pourquoi je pense encore à lui ou elle malgré la séparation ?

Ces questions ont des réponses scientifiques précises, car plusieurs mécanismes psychiques et neurobiologiques continuent d’agir après la fin d’une relation.

2.1 Trois grandes familles de mécanismes expliquent la persistance du lien

On peut regrouper les processus qui maintiennent l’attachement en trois catégories principales :

  1. mécanismes biologiques

  2. mécanismes émotionnels

  3. mécanismes psychiques

Dans la majorité des ruptures, au moins deux de ces mécanismes restent actifs simultanément, ce qui explique pourquoi le lien peut sembler persister même lorsque la relation est terminée.

2.2 Le système d’attachement reste activé

La théorie de l’attachement élaborée par John Bowlby montre que les figures affectives importantes deviennent des repères de régulation émotionnelle pour le système nerveux. Lorsqu’une relation se termine, ce système ne s’éteint pas immédiatement : il continue de chercher la présence qui assurait la sécurité. C’est ce qui explique des réactions fréquentes après une séparation :

  • pensées récurrentes

  • envie de contact

  • sensation de manque

  • impression d’incomplétude

Le cerveau ne rompt pas aussi vite que la relation. Ces réactions ne prouvent pas qu’il faut revenir vers l’autre. Elles indiquent simplement que le système d’attachement est encore actif.

2.3 Le cerveau vit la rupture comme un sevrage

Les travaux en neurosciences affectives de Helen Fisher montrent que la rupture amoureuse active les circuits cérébraux impliqués dans le manque, comparables à ceux observés lors d’un sevrage. Les médiateurs chimiques du lien (dopamine, ocytocine, cortisol princiaplement) participent à ce processus. Cela signifie que le désir de revoir un ex peut être déclenché par un mécanisme biologique plutôt que par un choix relationnel conscient.

Autrement dit : ce n’est pas toujours l’amour qui pousse à revenir, c’est parfois la physiologie du manque.

2.4 Quand la mémoire émotionnelle maintient l’empreinte relationnelle

Les recherches sur la mémoire affective, notamment celles de Boris Cyrulnik, montrent que les expériences émotionnelles intenses laissent des traces durables. Une relation significative devient une empreinte psychique qui peut être réactivée par des stimuli anodins : une odeur, une musique, un lieu, une date.

Cette réactivation peut donner l’impression que le lien existe encore, même lorsque la relation est terminée.

Ce phénomène peut d'ailleurs être décrit comme une illusion de lien actif : la sensation que la relation est toujours vivante simplement parce que l’émotion persiste.

2.5 L’investissement affectif rend le détachement difficile

Le modèle d’investissement amoureux développé par Caryl Rusbult montre que plus une personne a investi dans une relation, plus il lui est difficile d’y renoncer psychiquement. L’investissement ne concerne pas seulement les sentiments. Il inclut aussi :

  • le temps partagé

  • les projets communs

  • l’identité construite dans la relation

  • les liens sociaux associés
     

Dans ces situations, le désir de retour peut être lié à la difficulté de perdre ce qui a été construit et non à la qualité réelle du lien.

2.6 Rupture choisie ou subie : un facteur déterminant

Les mécanismes psychiques diffèrent fortement selon la manière dont la séparation s’est produite.

  • Une rupture subie active davantage le manque et l’attachement.

  • Une rupture choisie active davantage le doute et la mémoire.

Cette distinction explique pourquoi deux personnes ayant vécu la même relation peuvent réagir très différemment après la séparation.

Blessures d’attachement et histoire personnelle

Les approches contemporaines de l’attachement adulte, notamment celles de Nicole Guédeney et Gwenaëlle Persiaux, montrent que certaines ruptures réactivent des blessures relationnelles plus anciennes : peur d’abandon, sentiment d’insuffisance, angoisse de solitude, etc. Dans ces cas, le désir de retrouver l’ex-partenaire peut viser à apaiser une blessure interne plutôt qu’à restaurer la relation.

2.7 Le rôle du vide relationnel et identitaire

Par ailleurs, la fin d’un couple ne crée pas seulement un vide affectif. Elle peut aussi provoquer une déstabilisation identitaire. Certaines personnes ne regrettent pas uniquement leur partenaire : elles regrettent la version d’elles-mêmes qu’elles étaient dans la relation.

Cette perte peut concerner :

  • l’image de soi

  • le sentiment d’être choisi

  • les projets communs

  • la structure du quotidien


Douleur et amour ne sont pas équivalents

Une confusion fréquente consiste à penser que l’intensité de la douleur prouve l’intensité de l’amour. Or la douleur émotionnelle indique l’intensité de l’attachement, pas la qualité de la relation.

Douleur ≠ amour
Manque ≠ compatibilité

Certaines personnes semblent oublier rapidement un ancien partenaire, mais cela correspond souvent à une inhibition émotionnelle plutôt qu’à une absence réelle d’attachement.

En tout cas et dans la plupart des cas, la persistance du lien est normale et transitoire. En revanche, lorsque l’attachement persiste au point d’empêcher toute reconstruction affective ou toute nouvelle relation, il devient un signal psychique important qui mérite d’être exploré.
 

En résumé, si le lien persiste après une rupture, ce n’est pas forcément l’amour qui parle. C’est souvent l’effet combiné :

  • de l’attachement

  • du cerveau

  • de la mémoire

  • de l’investissement

  • de l’histoire personnelle

Ressentir encore un lien après une rupture ne signifie pas qu’il faut revenir. Cela signifie que le lien n’est pas encore psychiquement intégré. Comprendre pourquoi l’attachement persiste permet d’éviter une erreur fréquente : confondre intensité émotionnelle et compatibilité relationnelle.

La question suivante devient alors centrale :
quand deux ex se retrouvent, vivent-ils réellement la même chose ?

Partie 3 - Les différentes formes de retrouvailles amoureuses

Si un lien peut persister après une rupture, cela ne signifie pas nécessairement que la relation est viable. Comme nous l’avons vu, des mécanismes tels que l’attachement post-rupture, la mémoire émotionnelle ou l’investissement affectif peuvent maintenir un sentiment de connexion même lorsque la compatibilité relationnelle est absente. Autrement dit, la persistance du lien n’est pas un indicateur fiable de l’avenir du couple.

C’est précisément pour cette raison que toutes les retrouvailles amoureuses n’ont pas la même signification psychologique. Certaines correspondent à une réactivation automatique de l’attachement ou à une illusion de lien actif ; d’autres reflètent une évolution réelle des partenaires. Les recherches empiriques sur les relations cycliques menées notamment par Rene Dailey, Sarah Halpern-Meekin et Kale Monk montrent d’ailleurs que les couples qui se séparent puis se retrouvent ne constituent pas un groupe homogène : leurs motivations, leurs dynamiques et leurs trajectoires diffèrent profondément.

La question n’est donc pas seulement : se sont-ils remis ensemble ? Mais plutôt : quel type de retrouvailles vivent-ils réellement ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de distinguer plusieurs formes de reprise relationnelle. Ces formes ne sont pas des catégories figées mais des dynamiques évolutives qui dépendent du niveau de transformation intérieure des partenaires.

3.1 Le modèle des 4 renaissances du couple après une séparation

Dans ce modèle, je vous propose une grille de lecture clinique permettant d’interpréter les retrouvailles selon trois variables :

  • la motivation réelle du retour

  • le degré d’évolution personnelle

  • la transformation des interactions


1 - La reprise réflexe

Un couple est en reprise réflexe lorsque le retour vise surtout à apaiser le manque. Les caractéristiques sont les suivantes :

  • retour rapide après la rupture

  • anxiété de séparation

  • besoin de réassurance

  • soulagement immédiat

Ce type de retour correspond le plus souvent à un système d’attachement encore activé, tel que décrit dans la théorie de John Bowlby.

Pronostic : instabilité élevée et forte probabilité de nouvelle rupture.


2 - La reprise nostalgique

Un couple est en reprise nostalgique lorsque le retour vise à retrouver le passé plutôt qu’à construire le présent. Les signes typiques sont les suivants :

  • idéalisation des souvenirs

  • minimisation des conflits

  • désir de retrouver “comme avant”

Ici, l’illusion de lien actif joue souvent un rôle déterminant : l’émotion persistante est interprétée comme une preuve de compatibilité.

Pronostic : relation fragile, souvent suivie d’une nouvelle désillusion.


3 - La reprise réparatrice

Un couple est en reprise réparatrice lorsque les partenaires reviennent ensemble après un travail de compréhension réel. Les indicateurs principaux sont les suivants :

  • responsabilité personnelle reconnue

  • prise de conscience des schémas relationnels

  • évolution émotionnelle observable

  • communication différente

Les recherches sur la stabilité conjugale, notamment celles de John Gottman, montrent que ce type de transformation interactionnelle constitue un facteur déterminant de durabilité.

Pronostic : relation viable si les changements sont stabilisés dans le temps.


4 - La renaissance consciente

Un couple est en renaissance consciente lorsque la nouvelle relation est choisie librement plutôt que motivée par la peur de perdre l’autre. Voici les grands signes distinctifs :

  • identité personnelle transformée

  • désir présent (non nostalgique)

  • sécurité émotionnelle mutuelle

  • nouveau contrat relationnel explicite

Ce type de retrouvailles correspond le plus souvent à un attachement sécurisé acquis, tel que conceptualisé dans les approches contemporaines du lien affectif, notamment celles de Sue Johnson.

Pronostic : relation stable et évolutive.

Tableau synoptique : 
 

Type de retrouvailles

Motivation dominante

Transformation réelle

Stabilité probable

Réflexe

manque

aucune

faible

Nostalgique

passé

faible

fragile

Réparatrice

compréhension

réelle

bonne

Consciente

évolution

profonde

élevée


Ce n’est pas le fait de se retrouver qui détermine l’avenir d’un couple.
C’est le niveau de transformation vécu entre les deux relations.

Deux couples peuvent ainsi avoir la même histoire (rupture, retrouvailles, sentiments encore présents, etc.) et pourtant appartenir à des dynamiques psychologiques totalement différentes. Ce n’est pas l’intensité émotionnelle qui distingue une répétition d’une reconstruction. C’est la nature du processus intérieur qui s’est produit entre les deux relations.

Plus gloabalement, identifier le type de retrouvailles est une étape essentielle. Mais avant de décider de revenir ou non, une question personnelle reste déterminante : suis-je réellement prêt(e), psychologiquement, à retourner dans cette relation ?

Partie 4 : Test intérieur : suis-je vraiment prêt(e) à me remettre avec mon ex ?

Le test pour savoir si se remettre avec son ex est une bonne idée consiste à observer non pas ses sentiments, mais l’origine réelle de son envie de revenir. Ce test ne sert pas à décider à votre place. Il sert à clarifier ce qui se passe en vous.

Prenez un instant. Respirez. Lisez lentement. Répondez sans analyser. La première réponse est souvent la plus juste.


1 - Quand je pense à revenir vers cette personne, mon ressenti dominant est :

  • un apaisement

  • une urgence

  • une tension intérieure

  • un calme stable


2 - Si rien ne change chez l’autre, est-ce que je veux toujours revenir ?

  • oui clairement

  • peut-être

  • je ne sais pas

  • non


3 - Ce qui m’attire surtout aujourd’hui, c’est :

  • la personne telle qu’elle est maintenant

  • ce que nous avons vécu

  • l’idée de ne pas la perdre

  • le soulagement que je ressens en imaginant le retour


4 - Quand j’imagine une reprise de relation, je ressens dans mon corps :

  • de l’ouverture

  • du relâchement

  • de la contraction

  • de l’agitation

Le corps perçoit souvent ce que le mental hésite à reconnaître.


5 - Depuis la rupture, ce qui a réellement changé est :

  • moi

  • l’autre

  • nous deux

  • rien de concret


6 - Si je rencontrais cette personne aujourd’hui pour la première fois :

  • je la choisirais sans hésiter

  • j’aurais besoin de réfléchir

  • je serais incertain(e)

  • je ne la choisirais pas

Lecture rapide de vos réponses

Observez simplement la tendance dominante :

  • réponses liées au calme, au choix et à la clarté → désir conscient

  • réponses liées à l’urgence, au manque ou à la peur → attachement activé

Ce repère ne juge rien. Il indique seulement l’état intérieur depuis lequel votre envie apparaît.


Point clinique important

Ce que vous ressentez aujourd’hui n’est pas forcément ce que vous ressentirez dans deux semaines. Une envie de retour peut être passagère, comme elle peut révéler un mouvement profond. Le temps aide souvent à distinguer les deux.
 

Revenir n’est pas un problème.
Revenir pour les mêmes raisons qu’avant en devient un.



Question décisive

Prenez encore un instant. Est-ce que je veux cette relation… ou est-ce que je veux simplement apaiser ce que je ressens ? La réponse se sent autant qu’elle se pense.


Si ce test vous trouble ...

C’est normal. Se questionner intérieurement peut faire émerger des émotions contradictoires. Cela ne signifie pas que vous êtes perdu(e). Cela signifie que quelque chose en vous cherche à comprendre avec plus de justesse.


Pour nous résumer : 

  • Peur → attachement

  • Manque → activation émotionnelle

  • Calme → discernement

  • Clarté → choix

La différence ne se voit pas dans l’intensité. Elle se ressent dans la qualité intérieure.
 

On ne revient pas vers quelqu’un parce qu’on l’aime encore.
On y revient parce qu’on est devenu capable d’aimer autrement.

Conclusion

Ce que révèle vraiment une séparation

Une rupture ne met pas seulement fin à une relation. Elle révèle la nature du lien qui existait. Certaines séparations soulagent immédiatement, d’autres continuent de résonner longtemps (dans une pensée furtive, dans un souvenir inattendu, dans un moment de silence où l’on se surprend encore à imaginer l’autre, etc.).

Ce phénomène est normal : un lien affectif ne disparaît pas au moment où une histoire s’arrête. Il se transforme, se déplace, se réorganise intérieurement. Se demander s’il faut se remettre avec son ex revient donc rarement à poser une question sur l’autre. C’est presque toujours une question sur soi.

La vérité silencieuse des retrouvailles

Deux personnes peuvent se retrouver avec les mêmes sentiments qu’autrefois et pourtant ne pas revivre la même relation. Ce qui détermine l’avenir d’un couple n’est pas l’intensité de l’émotion ressentie, mais la transformation vécue entre la séparation et les retrouvailles.

Un couple n’est pas seulement une addition de deux individus. C’est un système vivant. Et comme tout système, il ne change réellement que lorsque ses deux pôles évoluent. Un lien ne devient viable que lorsqu’il cesse d’être une répétition. Et ce n’est pas le retour qui transforme une relation. C’est avant tout et surtout la transformation intérieure qui rend un retour possible.

La question que posent les retrouvailles

On croit souvent que la question est : faut-il se remettre avec son ex ? Mais en réalité,  la vraie question est plus profonde : suis-je en train de revenir vers cette personne… ou vers une ancienne version de moi-même ? Car parfois, ce n’est pas l’autre que l’on cherche à retrouver. C’est plutôt une sensation, un rôle, une familiarité ou encore une part de soi qui existait dans cette relation.

Comprendre cela change tout : on ne décide plus seulement avec le cœur ou avec la raison, mais avec une forme de lucidité intérieure. Toutes les histoires ne sont pas faites pour reprendre. Certaines sont faites pour se terminer afin que quelque chose en nous puisse évoluer. D’autres, plus rares, peuvent recommencer autrement (non parce qu’elles étaient destinées à durer, mais parce que les personnes qui les vivent ne sont plus les mêmes).

Ce n’est donc jamais le passé qui décide du futur d’un couple. C’est le niveau de conscience présent.

On ne revient jamais vraiment vers quelqu’un.
On revient depuis l’endroit intérieur où l’on est arrivé.

Quand une relation nous questionne autant, c’est souvent qu’elle nous apprend quelque chose sur nous-mêmes. Si vous souhaitez explorer ce qui se rejoue dans votre histoire relationnelle, un accompagnement (en individuel ou en couple) peut parfois aider à mettre en lumière ce que l’on ne voit pas seul :  https://www.neosoi.fr/

Références scientifiques et cliniques

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