Je n’ai plus envie de faire l’amour : 7 exercices pour retrouver le désir dans son couple

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Vous aimez encore votre partenaire, mais l’envie de faire l’amour s’est éloignée. Est-ce une baisse de libido, une perte de désir pour l’autre ou simplement le signe que la sexualité que vous vivez aujourd’hui ne vous donne plus vraiment envie ? Avant de chercher à "raviver la flamme", il peut être plus utile de comprendre ce qui, dans votre corps, votre plaisir et votre relation, favorise encore le désir ou l’inhibe.

"Je l’aime. Mais j'ai plus envie"

Cette expérience peut être profondément déstabilisante. Beaucoup l’interprètent immédiatement comme la preuve que l’amour disparaît, que le couple va mal ou que leur libido s'est fait la malle. Pourtant, aimer quelqu’un ne suffit pas toujours à créer les conditions qui permettent de le désirer. Et, contrairement à une représentation encore tenace, cette baisse du désir sexuel concerne aussi bien les hommes que les femmes.

Ne plus avoir envie de faire l’amour ne signifie pas nécessairement ne plus aimer son partenaire. Le désir dépend du corps et de la santé, mais aussi du plaisir réellement éprouvé, du contexte de vie, de l’histoire sexuelle, de ce qui se joue dans la relation et de la sexualité que le couple a progressivement construite.

Une première distinction devient alors essentielle : avez-vous moins de désir en général, moins de désir pour votre partenaire, ou moins envie de la sexualité que vous vivez avec lui ou elle ?

Ces situations peuvent se ressembler, mais elles ne racontent pas la même chose. Une personne peut, par exemple, ne plus rechercher les rapports avec son conjoint tout en continuant à fantasmer, à se masturber ou à sentir son désir se réveiller dans d’autres circonstances. À l’inverse, une baisse de libido peut toucher l’ensemble de la vie sexuelle, indépendamment du partenaire.

Parfois, ce n’est d’ailleurs pas seulement une personne qui aurait "un problème de désir". Une dynamique peut progressivement s’installer dans le couple : l’un sollicite davantage parce qu’il se sent rejeté, l’autre ressent cette attente comme une pression et se retire encore davantage. La sexualité elle-même finit alors par devenir un espace chargé d’anticipation plutôt que de plaisir.

La question n’est donc peut-être pas seulement : "Pourquoi n’ai-je plus envie de faire l’amour ?", mais : "De quoi, précisément, n’ai-je plus envie ?"

C’est à partir de cette distinction que l’on peut chercher à retrouver le désir sans se forcer : non pas en demandant au corps de fonctionner à nouveau, mais en comprenant ce qui lui permet aujourd’hui de s’ouvrir, de ressentir du plaisir, de s’exciter et de s’approcher, ou ce qui, au contraire, l’amène à se fermer.

Partie 1 - Je n’ai plus envie de faire l’amour : faut-il s’inquiéter ?

Une baisse de désir sexuel n’est pas forcément le signe qu’un problème s’installe. Le désir évolue au fil de la vie : il peut diminuer avec la fatigue, le stress, un changement de rythme, un problème de santé ou simplement traverser une période moins favorable à la sexualité.

Les travaux de la psychologue Marieke Dewitte et de ses collègues rappellent d’ailleurs qu’il est important de ne pas pathologiser trop vite les variations du désir ou les différences de libido entre partenaires. Le désir se comprend toujours dans un contexte personnel et relationnel, et non à partir d’un nombre de rapports considéré comme "normal".

Ce qui mérite davantage d’attention, c’est surtout un changement qui dure, vous fait souffrir ou qui modifie profondément votre rapport à la sexualité et à votre partenaire.

La vraie question n’est donc pas : "Est-ce que j’ai assez envie de faire l’amour ?" ou encore "combien de fois ai-je envie ?", mais plutôt : "Est-ce que cette baisse de désir est devenue un problème pour moi ou pour notre relation ?" ou encore "comment est-ce que je vis ma sexualité lorsque j’en ai une ?"

Partie 2 - Peut-on aimer son partenaire sans avoir envie de sexe ?

De mon point de vue, la réponse est clairement oui. On peut aimer son partenaire et ne plus avoir envie de faire l’amour avec lui ou elle. Une baisse de désir sexuel dans le couple ne signifie pas automatiquement une perte d’amour : attachement, désir, excitation et plaisir sont liés, mais ils ne se confondent pas.

Les travaux de la psychiatre et sexologue Rosemary Basson ont notamment montré que, chez certaines personnes, le désir n’apparaît pas toujours avant l’excitation. Il peut émerger progressivement au cours d’une interaction agréable ou érotique. Autrement dit, ne pas ressentir immédiatement d’envie ne signifie pas forcément que toute capacité de désir a disparu.

En outre, les travaux de John Bancroft et Erick Janssen montrent que notre sexualité dépend à la fois de ce qui nous met en mouvement et de ce qui nous freine. Dans ma pratique clinique, je retrouve souvent cette dynamique : une personne peut aimer son partenaire, mais sentir son désir diminuer dès que la sexualité devient associée à la pression, à la peur de décevoir, à un conflit, à une attente de performance ou au sentiment qu’"il faudrait" avoir envie. Le problème n’est donc pas toujours un manque de libido. Parfois, ce sont surtout les freins qui ont pris trop de place.

Les travaux de Kristen Mark et Julie Lasslo rappellent également que le désir ne dépend jamais d’un seul facteur. Il se construit à la rencontre du corps, de l’histoire personnelle, de la relation et du contexte social. C’est aussi ce que j’observe en consultation : une baisse de désir peut être liée à la fatigue ou au stress, mais aussi à la manière dont le couple fonctionne, au plaisir réellement éprouvé, aux habitudes sexuelles installées ou aux représentations que chacun porte sur ce qu’un homme, une femme ou un couple « devrait » vivre sexuellement. Dire "je n’ai plus de libido" est parfois trop rapide. La question devient alors : qu’est-ce qui, aujourd’hui, rend le désir plus difficile à ressentir ?

La question devient alors moins "est-ce que je l’aime encore ?" que "dans quelles circonstances mon désir apparaît-il encore, et qu’est-ce qui l’inhibe aujourd’hui ?"

Partie 3 - Je n’ai plus de libido… ou je n’ai plus envie de cette sexualité ?

Quand une personne me dit en consultation qu’elle n’a "plus de libido", je ne prends jamais cette phrase comme une conclusion. J’essaie d’abord de comprendre ce qu’elle recouvre vraiment car une baisse de désir peut prendre des formes très différentes.

Chez certaines personnes, l’envie sexuelle semble avoir diminué dans presque tous les contextes. Elles fantasment moins, se touchent moins, recherchent moins souvent l’excitation et ont le sentiment que quelque chose s’est globalement éteint. Chez d’autres, le désir existe encore, mais il apparaît surtout dans l’imaginaire, dans la masturbation ou dans certaines situations, alors qu’il devient beaucoup plus difficile à ressentir avec le partenaire.

Cette distinction ne permet pas de dire que "le problème vient du couple", mais elle aide à savoir où regarder. En consultation, je m’intéresse alors à des questions très concrètes : est-ce que vous prenez encore du plaisir lorsque vous faites l’amour ? Est-ce que les pratiques proposées correspondent encore à ce qui vous excite aujourd’hui ? Pouvez-vous dire ce que vous aimez, ce que vous ne voulez plus ou ce que vous aimeriez vivre autrement ?

Parfois, ce n’est donc pas le désir qui a complètement disparu, mais la sexualité telle qu’elle s’est installée dans le couple qui est devenue moins désirable. Elle peut être trop prévisible, trop rapide, trop centrée sur certaines pratiques, trop associée à l’attente de l’autre ou simplement ne plus correspondre à la personne que vous êtes devenue.

C’est une nuance essentielle, parce qu’elle change la question à poser. Ne plus vouloir la sexualité que l’on vit ne signifie pas nécessairement ne plus avoir de sexualité.

Avant de chercher à "retrouver votre libido", il peut alors être plus juste de vous demander : si aucune attente ne pesait sur vous, quelle sexualité auriez-vous réellement envie de vivre aujourd’hui ?

Partie 4 - Quand vouloir retrouver le désir devient une nouvelle pression

Lorsque le désir diminue, le couple peut progressivement entrer dans une boucle qui entretient lui-même la difficulté. Celui qui désire davantage cherche souvent à retrouver du rapprochement et peut multiplier les initiatives. De son côté, celui qui désire moins commence parfois à anticiper que chaque baiser, massage ou moment de tendresse risque de devenir une demande sexuelle. Il évite alors davantage le contact. L’autre se sent rejeté, s’inquiète et sollicite encore plus.

Dans ma pratique clinique, je ne cherche pas à savoir lequel des deux a tort. Je cherche à comprendre comment cette boucle s’est installée. À quel moment la tendresse est-elle devenue chargée d’une attente ? Que ressent celui qui sollicite lorsqu’il essuie un refus ? Et que se passe-t-il dans le corps de l’autre lorsqu’il comprend qu’un rapprochement pourrait devoir se poursuivre ?

Par ailleurs, je distingue toujours ne pas avoir encore envie de ne pas vouloir. On peut commencer un rapprochement sans désir spontané, par curiosité et avec la liberté réelle de s’arrêter, puis sentir l’envie apparaître. C’est très différent d’accepter un rapport pour éviter une dispute, ne pas décevoir ou rassurer son partenaire.

Les travaux d’Amy Muise et de ses collègues retrouvent précisément cette nuance : prendre en compte les besoins sexuels de son partenaire peut être positif lorsque cela reste libre et choisi, tandis qu’une sexualité davantage motivée par la pression ou l’obligation est associée à une moindre satisfaction.

Le problème n’est donc pas nécessairement que l’un désire trop et l’autre pas assez. Il peut aussi résider dans ce que le couple a progressivement construit autour de cette différence de désir.

Partie 5 - 7 exercices pour retrouver son corps et son désir

Lorsque le désir s’est éloigné, vouloir le faire revenir à tout prix risque parfois d’ajouter une nouvelle pression. Dans ma pratique clinique, je ne cherche donc pas à provoquer artificiellement l’envie, mais à comprendre dans quelles conditions le corps, le plaisir et l’érotisme peuvent redevenir disponibles.

Ces sept exercices ne constituent pas une méthode universelle. Je ne les propose pas systématiquement, ni nécessairement dans cet ordre. Ils permettent d’explorer différents endroits où le désir peut s’être interrompu : le rapport au corps, le plaisir, les freins sexuels, la difficulté à exprimer ses besoins ou encore la dynamique du couple.

5.1 Se reconnecter à son corps sans chercher à avoir envie

Commencez seul·e, pendant quelques minutes. Portez votre attention sur votre respiration, vos appuis, les zones de détente ou de tension, puis laissez votre corps bouger doucement. Vous pouvez marcher, vous étirer, danser ou simplement mobiliser le bassin sans chercher à produire d’excitation sexuelle.

Ensuite seulement, observez ce qui se passe lorsque vous imaginez un rapprochement avec votre partenaire. Votre corps se détend-il, reste-t-il neutre ou se contracte-t-il ?

Il ne s’agit pas d’interpréter immédiatement ce que vous ressentez. Le corps fournit une information à explorer, pas un verdict sur votre couple.

Si cette attention provoque une forte détresse, une sensation de déconnexion ou des souvenirs envahissants, ne vous forcez pas.

5.2 Identifier les freins et les accélérateurs de votre désir

Prenez une feuille et créez deux colonnes : ce qui favorise mon désir et ce qui le freine.

Fatigue, charge mentale, peur de devoir aller plus loin, conflit, douleur, manque de temps ou sentiment d’être observé peuvent appartenir aux freins. À l’inverse, l’humour, la lenteur, un fantasme, certaines paroles, le sentiment d’être désiré sans obligation ou simplement davantage de disponibilité intérieure peuvent favoriser l’érotisme.

Dans ma pratique, cette cartographie permet souvent de déplacer la question. Au lieu de chercher uniquement "comment avoir plus envie ?", nous pouvons nous demander : "qu’est-ce qui prend aujourd’hui tellement de place que mon désir a du mal à apparaître ?"

Cette liste n’est pas un programme que votre partenaire devra exécuter pour "déclencher" votre libido. Elle sert d’abord à mieux comprendre votre propre fonctionnement.

5.3 Retrouver votre plaisir et votre territoire érotique

Avant de chercher à retrouver le désir de l’autre, il peut être précieux de retrouver ce qui vous fait du bien à vous.

Explorez sans objectif précis ce qui réveille votre vitalité : mouvement, respiration, musique, imagination, fantasmes, auto-toucher ou masturbation si vous en avez envie. L’enjeu n’est pas de reproduire ce qui vous excitait autrefois, mais de découvrir ce qui vous procure du plaisir aujourd’hui.

Une question peut vous guider : "qu’est-ce qui devient agréable lorsque personne n’attend rien de moi ?"

En consultation, cette étape permet parfois de découvrir que le désir n’a pas disparu : il a simplement perdu l’espace nécessaire pour se manifester.

Avant de poursuivre à deux

Les exercices suivants supposent que chacun puisse réellement ralentir, modifier ou arrêter l’expérience sans avoir à se justifier. En présence de peur, de coercition ou de violence sexuelle ou conjugale, ces exercices ne sont pas adaptés : la priorité doit d’abord être donnée à la sécurité.

5.4 Se toucher sans devoir faire l’amour

Choisissez ensemble un temps de toucher en décidant à l’avance qu’il n’y aura ni pénétration, ni orgasme à atteindre, ni obligation de poursuivre.

Inspiré du Sensate Focus de Masters et Johnson, cet exercice vise à redonner au toucher une valeur en lui-même. Le dos, les bras, le visage ou les jambes peuvent être explorés simplement pour observer ce qui est agréable, neutre ou désagréable.

Lorsque le corps sait qu’un toucher ne constitue plus automatiquement le début d’un rapport sexuel, il peut parfois retrouver davantage de curiosité.

5.5 Dire ce que l’on veut : encore, moins, autrement, stop

Pendant un toucher, celui qui reçoit peut utiliser quatre indications très simples : encore, moins, autrement, stop.

Cet exercice travaille quelque chose de fondamental : rester sujet de ce qui se passe lorsque la sexualité commence. Beaucoup de personnes savent consentir ou refuser, mais trouvent beaucoup plus difficile de modifier l’expérience en cours.

En séance, je travaille souvent cette capacité à dire : "comme ça", "plus doucement", "pas ici", "j’ai envie de continuer" ou "je préfère arrêter".

Et surtout, "stop" n’a pas besoin d’être justifié et ne constitue pas un rejet de l’autre.

5.6 Laisser exister l’érotisme sans devoir aller jusqu’au rapport

Un regard, un baiser prolongé, un message, une proximité corporelle ou un fantasme partagé peuvent être érotiques sans devoir déboucher sur un rapport sexuel.

Essayez de laisser ces moments exister pour eux-mêmes, avec la possibilité réelle de vous arrêter à n’importe quel moment. Cette liberté est importante. Lorsque chaque signe d’excitation devient implicitement une promesse de sexe, certaines personnes finissent par éviter l’érotisme lui-même pour ne pas avoir à gérer ce qui pourrait suivre.

L’objectif n’est donc pas de réussir à s’exciter, mais de retrouver un espace érotique qui n’engage à rien.

5.7 Inventer la sexualité que vous auriez réellement envie de vivre

Enfin, répondez séparément à cette question : si je n’avais rien à reproduire de notre sexualité passée et rien à prouver à mon partenaire, qu’aurais-je réellement envie de vivre aujourd’hui ? 

Vous pouvez réfléchir au rythme, aux gestes, aux pratiques, à la place de la pénétration, à l’initiative, à l’imaginaire, au contexte ou simplement à la manière dont vous aimeriez être approché·e.

Ensuite, écoutez la réponse de l’autre sans chercher immédiatement à négocier, convaincre ou décider de ce qui sera pratiqué. Le désir peut d’abord être entendu avant d’être transformé en projet commun.

Le but n’est donc pas forcément de retrouver votre sexualité d’autrefois. Il peut être beaucoup plus fécond de construire une sexualité qui corresponde aux personnes que vous êtes devenues.

Partie 6 - Quand la perte de désir mérite-t-elle une consultation ?

Une baisse de libido mérite d’être explorée lorsqu’elle s’installe, vous fait souffrir, crée des tensions dans votre couple ou représente un changement important par rapport à votre sexualité habituelle. Une diminution brutale du désir, des douleurs, une fatigue inhabituelle, un changement de traitement, des troubles de l’érection ou des modifications hormonales sont également des éléments auxquels je suis attentive.

Dans ma pratique clinique, je ne pars jamais du principe que la perte de désir est "psychologique" ou qu’elle vient forcément du couple. Je commence par reconstruire avec vous l’histoire du désir. Depuis quand a-t-il changé ? A-t-il toujours été faible ou s’est-il modifié à un moment précis ? Est-il absent partout ou principalement avec votre partenaire ? Existe-t-il encore dans les fantasmes, la masturbation ou certaines situations ?

Ensuite, nous regardons ce qui se passe réellement dans votre expérience sexuelle. Ressentez-vous de l’excitation ? Du plaisir ? De la douleur ? Pouvez-vous guider votre partenaire, demander ce que vous aimez, ralentir ou vous arrêter ? Parfois, une personne pense manquer de libido alors qu’elle éprouve surtout peu de plaisir dans la sexualité qu’elle vit. Dans d’autres situations, le corps répond encore, mais le désir se ferme dès que surgissent la pression, l’anticipation ou la peur de décevoir.

Par ailleurs, je cherche toujours à replacer la sexualité dans une histoire plus large. Nous pouvons explorer votre rapport au corps, votre histoire affective et sexuelle, certaines expériences traumatiques, mais également la période de vie que vous traversez. Lorsque vous êtes en couple, je regarde aussi ce qui se passe entre vous : comment l’un sollicite, comment l’autre refuse, comment chacun interprète ce refus et comment cette différence de désir finit parfois par organiser toute la relation.

Enfin, je ne cherche pas à psychologiser ce qui peut relever du médical. Lorsque certains signes le justifient, une évaluation médicale peut être nécessaire afin d’explorer les effets d’un traitement, les douleurs, les facteurs hormonaux ou d’autres problèmes de santé. Les recommandations contemporaines en médecine sexuelle privilégient justement une lecture biopsychosociale, plutôt qu’une explication unique de la baisse de désir. (Cf. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41092352/)

Mon travail n’est donc pas de vous apprendre à avoir davantage envie. Il consiste d’abord à comprendre avec vous où le désir s’est modifié : dans le corps, dans le plaisir, dans votre histoire, dans la sexualité vécue ou dans la dynamique de votre couple. C’est à partir de cette cartographie que nous pouvons choisir un travail sexothérapeutique, psychothérapeutique ou conjugal et, lorsque cela est nécessaire, l’articuler avec une prise en charge médicale.

FAQ 

1. Est-il normal de ne plus avoir envie de faire l’amour ?

Cela peut faire partie des variations normales du désir sexuel. La libido n’est pas stable tout au long de la vie et peut évoluer avec la fatigue, le stress, la santé, les changements hormonaux, les événements de vie ou la relation. En revanche, une baisse de désir mérite davantage d’attention lorsqu’elle dure, représente un changement important pour vous ou provoque une souffrance personnelle ou conjugale.
 

2. Peut-on aimer son partenaire sans avoir envie de faire l’amour avec lui ?

Oui. Aimer son partenaire et le désirer sont deux expériences différentes. L’attachement, l’amour, l’excitation, le plaisir et le désir sexuel peuvent évoluer de manière différente. Une perte d’envie de faire l’amour ne signifie donc pas automatiquement que l’amour a disparu ou que le couple doit se terminer.


3. Pourquoi je n’ai plus envie de mon partenaire alors que je l’aime ?

Il n’existe pas une seule explication. Le désir peut être freiné par la fatigue, le stress, la pression sexuelle, un manque de plaisir, certains conflits ou une sexualité devenue trop prévisible ou peu ajustée à vos besoins. Parfois, le désir existe encore dans les fantasmes, la masturbation ou d’autres contextes, mais beaucoup moins dans la relation. Ce constat constitue un indice à explorer, pas la preuve que votre partenaire est "le problème".


4. Faut-il se forcer à faire l’amour pour retrouver le désir ?

Non, se contraindre à avoir des rapports sexuels n’est pas une méthode pour retrouver sa libido. Il faut cependant distinguer ne pas avoir encore envie de ne pas vouloir. Certaines personnes commencent un rapprochement avec de la curiosité, sans désir sexuel très présent au départ, puis sentent l’envie apparaître progressivement. Cela suppose néanmoins de pouvoir réellement ralentir, changer d’avis ou s’arrêter à tout moment. Faire l’amour pour éviter un conflit, rassurer son partenaire ou répondre à une obligation est une expérience très différente.


5. Le désir peut-il revenir après plusieurs mois ou plusieurs années ?

Oui, le désir peut évoluer, mais il n’existe aucune garantie qu’il revienne exactement sous sa forme ancienne. Tout dépend de ce qui a participé à sa diminution. Parfois, diminuer la pression, retrouver du plaisir ou modifier la sexualité du couple permet au désir de réapparaître. Dans d’autres situations, il se transforme et conduit le couple à inventer une autre manière de vivre l’intimité. L’objectif n’est donc pas forcément de retrouver la sexualité d’avant, mais de découvrir ce qui peut encore être désiré aujourd’hui.


6. Comment savoir si ma baisse de désir vient de moi, de ma santé ou de mon couple ?

Il est rarement utile d’opposer ces différentes dimensions. En consultation, je cherche plutôt à comprendre quand le désir a changé, s’il est faible dans tous les contextes ou principalement avec votre partenaire, ce qui se passe réellement pendant les rapports et comment chacun vit les initiatives, les refus et le plaisir. J’explore également les facteurs corporels, médicaux, hormonaux, psychologiques et relationnels.

Cette cartographie permet de déterminer si le travail doit être principalement sexothérapeutique, psychothérapeutique, conjugal, médical, ou associer plusieurs de ces approches.

Conclusion

1. Ne pas confondre retrouver le désir et revenir en arrière

Lorsque le désir diminue, on cherche souvent à retrouver la sexualité d’avant. Pourtant, revenir exactement à ce qui existait n’est pas toujours possible, ni même souhaitable. Le corps change, les besoins évoluent, l’histoire du couple se transforme et certaines expériences modifient durablement la manière d’entrer dans l’intimité.

Exit "comment retrouver ce que nous avions ?" ; Bienvenue à : "qu’est-ce qui peut encore devenir vivant, agréable et désirable aujourd’hui ?"

Parfois, cela signifie avoir moins souvent des rapports, mais les vivre avec davantage d’envie. Parfois, il faut redonner une autre place à la pénétration, au toucher, au jeu, au fantasme ou à l’initiative. Et parfois encore, il faut accepter que certaines formes de sexualité appartiennent simplement à une période révolue.

2. Retrouver une sexualité dans laquelle chacun reste sujet

Le désir se développe difficilement lorsqu’il faut se conformer, rassurer l’autre ou répondre à ce que l’on pense devoir être sexuellement. Retrouver une sexualité plus vivante suppose donc aussi de pouvoir dire ce que l’on aime, ce que l’on ne veut plus, ce qui a changé et ce que l’on aimerait découvrir.

Cela signifie pouvoir dire oui sans obligation, mais également non sans que ce refus menace immédiatement le lien. Cela suppose parfois de ralentir, de modifier un scénario sexuel devenu trop prévisible, de retrouver du plaisir là où l’on s’était habitué à fonctionner, ou encore de recréer suffisamment d’altérité pour que l’autre puisse redevenir un partenaire érotique et pas seulement un compagnon du quotidien.

Dans mon travail de sexothérapeute et de thérapeute de couple, je cherche précisément avec vous à comprendre ce qui, dans le corps, le plaisir, l’histoire personnelle et la dynamique relationnelle, rend aujourd’hui le désir possible ou difficile. L’enjeu n’est pas de vous conformer à une norme sexuelle, mais de retrouver une manière plus libre et plus juste d’habiter votre sexualité.

3. Et si la baisse de désir obligeait le couple à regarder plus loin ?

Une baisse de désir ne cache pas nécessairement une crise profonde et elle ne constitue pas toujours une occasion de transformation. Elle peut être liée à la fatigue, à la santé, aux hormones, à un traitement, à une période de vie ou à une différence durable de désir entre deux partenaires.

Mais lorsqu’elle persiste, elle peut aussi obliger le couple à regarder ce qu’il avait cessé d’interroger : le plaisir de chacun, les compromis devenus silencieux, la place de l’altérité, les frustrations, les attentes sexuelles ou la manière dont chacun a évolué depuis le début de la relation.

Dans certaines situations, ce travail permet de retrouver du désir. Dans d’autres, il conduit surtout à inventer une sexualité différente. Il peut également faire apparaître des désaccords plus profonds qu’il faudra regarder en face. La transformation ne consiste donc pas toujours à retrouver la sexualité d’avant, mais à découvrir ce que chacun peut encore librement désirer et construire avec l’autre aujourd’hui.

Lorsque cette exploration devient difficile à mener seul ou à deux, c’est précisément ce que nous pouvons travailler ensemble en séance. Je vous accompagne en sexothérapie individuelle lors de séances de 45 minutes ou en thérapie de couple et sexothérapie lors de séances d’1 heure, afin de comprendre où le désir s’est modifié et ce que cette évolution vient questionner dans votre rapport au corps, à la sexualité et au lien : https://www.neosoi.fr/

Ressources scientifiques 

NeoSoi - Céline BERCION - Dr en psychologie sociale, psychothérapie, thérapie de couple et sexothérapie - Bordeaux Pessac et visio

Adresse du cabinet 36 Avenue Roger Cohé
33600 Pessac
France

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